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Une gabonaise folle amoureuse d’un mort

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Illustration non exacte à la réalité

Le proverbe est clair. On ne reconnaît la valeur d’un bien que lorsqu’on l’a perdu. Dame Antoinette (prénom modifié), la quarantaine, vit douloureusement cette situation, elle qui croquait sa vie sans limite alors que son époux mourrait de chagrin pour elle.

Il y a onze ans, la petite encore « saignante » et très jolie tombe sur un veuf avec 5 enfants. Le veuf cherchait désespérément une femme pour garder ses enfants orphelins de mère. Antoinette accepte et convole en justes noces avec le veuf.

Le couple vit un amour parfait. Antoinette arrive dans le foyer avec un bagage de 3 gosses nés de ses premières amours. Un autre enfant est né de cette liaison.

Antoinette, plus jeune que son époux, raffole encore de la vie fine. Son absence à la maison inquiète le mari qui plonge dans les soucis. Loin d’être une solution, l’épouse devient un lourd fardeau. Son salaire de fonctionnaire ne suffit plus pour les charges familiales.

Il passe son temps à mendier l’affection de son épouse qui a plutôt la tête out. « Tu me regretteras quand je serai mort », prophétisait-il assez régulièrement.

Le mari tombe malade. Il est quasi abandonné. Il tente une automédication qui échoue. Transporté à l’hôpital, il décède.

Antoinette a bénéficié de tout l’héritage. Et c’est brusquement que son rêve de petite fée s’achève. Les dragueurs qui lui tournaient autour sont toujours présents, mais sa tête est ailleurs. La vie n’a plus de saveur. Elle est désormais face à elle-même. Elle voit sa vie comme dans un rétroviseur. Les images qui passent la traumatisent.

Un an après le décès, elle a perdu le sommeil. Sa vie devient un cauchemar. Elle regrette, culpabilise et réalise enfin que son véritable amour c’est le défunt. Cet amour à titre posthume la rend plus que jamais folle. Elle tente d’en sortir mais l’épreuve devient plus qu’un chemin de croix.

« Tu me regretteras quand je serai mort. » Cette prophétie du défunt hante la vie d’Antoinette tous les jours, matin, midi et soir.

Camille Boussoughou

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