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Rémunération par pointage : la CONASYSED menace d’ester les chefs d’établissements en justice

Rémunération par pointage : la CONASYSED menace d’ester les chefs d’établissements en justice

Simon Ndong Edzo, Délégué général de la Conasysed@Archives Gabonactu.com

Libreville, 8 novembre (Gabonactu.com) – Dans une correspondance adressée au ministre de l’Education nationale, Francis Nkea, en date du 6 novembre, le Délégué général de la Convention des syndicats de l’Education nationale (CONASYSED), Simon Ndong Edzo a prévenu jeudi qu’il portera plainte contre les chefs d’établissements et autres responsables qui menacent les enseignants qui refusent de se soumettre au pointage.

« La CONASYSED se réserve le droit de saisir les juridictions compétentes pour mettre fin aux menaces et intimidations de la part des chefs d’établissement et autres responsables, à l’encontre des enseignants qui refusent de se soumettre au pointage illégal », a indiqué Simon Ndong Edzo.

L’application sur les enseignants du système de pointage décidé en août dernier par le ministre de la Fonction publique a le mérite de vexer les enseignants réunis au sein de la Conasysed.

Selon le délégué général, ni l’article 11 de la loi8/91 du 26 septembre 1991 qui dispose que « le fonctionnaire doit rejoindre, dès sa nomination, son poste d’affectation et assurer personnellement de façon permanente son service (…) », ni l’article 78 de la loi 1/2005 du 04 Février 2005 portant statut général de la Fonction publique qui dispose que « l’agent public a droit, après service fait à une juste rémunération (…) », ne font allusion au « pointage ».

De même, poursuit-il, « aucun système de rémunération d’après le mérite ne devrait être instauré ni appliqué sans l’avis préalable et le consentement des organisations d’enseignants intéressés », conformément à l’esprit de l’article 124 de la Recommandation OIT/UNESCO de 1966 qui interdit tout système de rémunération au mérite concernant le personnel enseignant.

Par ailleurs, Simon Ndong Edzo sollicite du ministre qu’il fournisse aux enseignants des éclaircissements au sujet du pointage dans les établissements car, explique-t-il, « pointer, c’est marquer les personnes présentes ou absentes sur une liste ; c’est contrôler les heures d’entrée et de sortie des ouvriers, des employés. Or, il n’existe à ce jour aucune loi qui contraint les agents publics au pointage ».

Le syndicaliste est allé plus loin dans sa séance de pédagogie à l’endroit de la tutelle.

« La notion des heures supplémentaires n’existe pas dans la Fonction publique. Les salaires journaliers et horaires d’un agent public ne sont pas connus. Dans les établissements scolaires, les enseignants tiennent des documents obligatoires parmi lesquels, le cahier de texte, le cahier journal, etc. qui attestent de la présence ou non d’un enseignant à son poste de travail », a-t-il expliqué, avant de fondre en interrogations.

« Pourquoi demander aux enseignants de pointer ? Ce pointage prendra-t-il en compte le travail de l’enseignant qui commence et se poursuit à la maison par la préparation des cours et la correction des copies ? Ce pointage prendra-t-il en compte le temps consacré par l’enseignant au double flux ? Ce pointage prendra-t-il en compte le surplus d’élèves au-delà des 35 élèves recommandés aux états généraux de 2010 ? Les heures supplémentaires seront-elles enfin payées aux enseignants ? », a-t-il demandé au ministre de tutelle.

Entre respect des lois en vigueur et passage en force, les jours qui viennent pourraient être révélateurs.

Précieux Koumba

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