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Pénurie des antirétroviraux : le Gabon paye cash ses mauvais choix, selon un expert

Pénurie des antirétroviraux : le Gabon paye cash ses mauvais choix, selon un expert

Une vue des antirétroviraux qui permettent de maintenir en forme les personnes vivant avec le VIH (PVVH)  © DR

Libreville, 5 mars (Gabonactu.com) – Le Premier ministre gabonais, Julien Nkoghe Bekalé, a convoqué mardi tous les ministres impliqués dans la commande des antirétroviraux, les médicaments de prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA, dont certaines molécules sont actuellement en rupture de stock dans le pays.

 

Autour de la table de travail du Premier ministre, l’on a pu apercevoir le ministre de la Santé Denise Mekamne,  son collègue du Budget Jean Fidèle Otandault et le ministre de l’Economie Jean Marie Ogandaga.

 

Julien Nkoghe Bekalé voulait savoir pourquoi le Gabon est arrivé à une telle rupture ? L’on ne connait pas avec exactitude ce que les ministres ont dit à leur chef.

 

Par contre, selon des informations collectées par Gabonactu.com auprès d’un expert indépendant très introduit, le Gabon est l’un des pays de la CEMAC qui achète seul tous ses antirétroviraux. Le pays ne bénéficie pas du soutien du Fond mondial de lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose. C’est ce fond mondial qui arrose tous les pays pauvres en antirétroviraux a retiré le Gabon de sa liste des bénéficiaires.

 

Libreville a dans le passé bénéficié des financements du fond. Le problème c’est qu’à l’époque le pays disposait encore d’une importante marge financière. Les experts gabonais de la Santé n’utilisaient pas les crédits alloués au Gabon parce que la contrainte était de justifier les dépenses par des rapports millimétrés, a expliqué un expert indépendant à Gabonactu.com.

 

Le Fond mondial de lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose ayant constaté que les gabonais n’avaient pas besoin de son argent, probablement pour faire valoir l’orgueil gabonais, a décidé de couper ses lignes budgétaires.

 

Conséquence, le Gabon est obligé d’acheter seul les antirétroviraux pour sa population, les médicaments et vaccins contre le paludisme et la tuberculose. La facture est très lourde. Rien que pour le SIDA, le pays avait tablé sur une enveloppe de 4 milliards de FCFA en 2018. Le gouvernement n’a débloqué que 950 millions de FCFA toute l’année.

 

Plus grave, le gouvernement ne passe pas une commande annuelle comme recommandé par l’ONUSIDA. Libreville passe des commandes pour des courtes périodes de 3 mois. Ce choix ne facilite pas la tâche des fabricants indiens qui fournissent le marché gabonais. Non seulement les quantités commandées sont très petites, mais les délais de fabrication sont très courts. Les indiens sont obligés de surfacturer le Gabon pour avoir ses médicaments à temps.   Conclusion, c’est le Gabon qui est perdant sur toute la ligne.

 

Autre choix hasardeux, Libreville ne respecte pas la consigne de l’OMS et de l’ONUSIDA sur les stocks de sécurité. Le pays puise constamment sur ses maigres réserves de sécurité pour donner l’impression d’une certaine stabilité. Cette politique justifie les nombreuses ruptures de stocks.

 

Les choix du Gabon sont donc entièrement mauvais. Idem pour la disponibilité des préservatifs. L’Etat a complètement démissionné. Les préservatifs au 21ème siècle sont vendus à 500 ou 1 000 FCFA l’unité dans les maisons closes. Ce commerce est aujourd’hui monopolisé au vu et au su de l’Etat par des businessmen ouest-africains sans que l’on sache leur circuit d’approvisionnement.

 

Inutile de parler de la prévention. Plus un seul effort n’est consenti pour sensibiliser les jeunes qui quittent l’enfance pour une vie sexuellement active. Aucun message de prévention à la télévision nationale, aucune émission dans les médias publics, les affiches publicitaires dans les rues sont anecdotiques. Tout se passe comme si le Gabon qui est parti d’une prévalence de 7,1% au début des années 2000 à 4,1% après 2010 a vaincu le SIDA.  Et pourtant il y a officiellement 52 000 personnes vivant avec VIH. Parmi eux, il y a certainement des suicidaires qui redistribuent volontairement la maladie à d’innocentes gens.

Camille Boussoughou

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