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Paskhal Nkoulou pond une déclaration aux allures d’une commande très très spéciale sur le limogeage « souhaité » du Premier ministre

Paskhal Nkoulou pond une déclaration aux allures d’une commande très très spéciale sur le limogeage « souhaité » du Premier ministre

Paskhal Nkoulou le 22 février 2020 au siège de son parti à Akébé ville © Gabonactu.com

Le président du Bloc démocratique populaire (BDP), Paskhal Nkoulou dont le parti se réclame être loin du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) et de l’opposition, a livré samedi à son siège de Libreville une déclaration orageuse au contenu ressemblant à une commande très très spéciale à propos du débat en cours sur l’éviction du Premier ministre, Julien Nkoghe Békalé.

Dans son texte, Paskhal Nkoulou qui travaille dans le cabinet du président Ali Bongo Ondimba fouette à volonté le président du groupe parlementaire du PDG, Martin Mabala, auteur d’une déclaration d’un soutien indéfectible au Premier ministre Julien Nkoghe Békalé.


Le collaborateur d’Ali Bongo considère la déclaration de Mabala comme un « incident constitutionnel » dont les auteurs sont ceux qui votent la loi qu’ils ne sont pas censés ignorer.

Dans sa déclaration, le président du BDP boude l’efficacité de l’actuel Premier ministre

« Il y a lieu de se demander si les rumeurs faisant état de ramifications souterraines de complicité entre le gang des ajeviens et certaines personnalités politiques ne seraient pas à la base de ce qu’il conviendrait de considérer comme un chantage pour espérer se soustraire du sort peu enviable qui les attend ? », écrit Paskhal Nkoulou. 

En conséquence, le président du BDP appelle à « l’urgence d’un sursaut républicain du président de la République ».

Voici l’intégralité de sa déclaration :

Gabonaises, Gabonais.

Chers compatriotes.

Le déroulement spectaculaire de l’opération scorpions, avec sa cohorte d’arrestations des hauts commis de l’Etat, donnait le sentiment  que tous les conspirationnistes avaient été identifiés et neutralisée et que, partant, la République avait définitivement échappé au projet concerté de sa déstabilisation.

Et pourtant, une récente actualité vient nous convaincre de ce que, la racine du mal n’a peut-être pas été radicalement éradiquée et que dans les couloirs de la haute   administration comme des institutions de la Républiques et des partis politiques, de « perfides sorciers » continuent d’avancer masqués, mus par de maléfiques desseins.

Chacun aura compris que je fais allusion à la communication pour le moins séditieuse du président du Groupe parlementaire PDG, par laquelle il escompte, sans fioritures et par tous les moyens, il entend s’opposer à tout projet d’éviction du Premier Ministre.

Ainsi la question la plus épineuse de cette affaire aux contours nébuleux est la suivante : A qui, le maintien de l’actuel Premier Ministre, Chef du Gouvernement profite-t-il ? Et pourquoi le groupe parlementaire PDG ferait il écho d’une question qui jusqu’à leur sortie, n’avait de sphère que les commentaires isolés des réseaux sociaux.

Avant de répondre à cette question, examinons au fond, la légitimité et la légalité de cette adresse du Président du Groupe parlementaire PDG.

La constitution de la République Gabonaise stipule en son article 8 : 

« Le Président de la République est le chef de l’Etat ; il veille au respect de la Constitution ; il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat.

Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, du respect des accords et des traités, il détermine la politique de la Nation.

Le Président de la République est le détenteur suprême du pouvoir exécutif ».

Elle précise en son article 15 :

« Le Président de la République nomme le Premier Ministre.

Il met fin à ses fonctions, de sa propre initiative, ou sur la présentation par le Premier Ministre de la démission du Gouvernement, ou à la suite d’un vote de défiance ou de l’adoption d’une motion de censure par l’Assemblée Nationale (…) ».

Elle affirme en son article 28 :

« Le Gouvernement conduit la politique de la Nation sous l’autorité du Président de la République ; il dispose à cet effet, de l’administration, des forces de défense et de sécurité.

Le Gouvernement est responsable devant le Président de la République.

Il est responsable devant l’Assemblée Nationale dans les conditions prévues par la Constitution ».

Pour rappel, ces différents articles, pris en exemple, précisent les rapports entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.

La constitution de la République Gabonaise reconnait ainsi le principe de la séparation des pouvoirs. Cela signifie que les trois pouvoirs d’une République que sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire sont, en principe, souverains pour un équilibre de la gestion de l’Etat et de la nation.

Lorsqu’il est clairement dit que le Président de la République est le détenteur suprême du pouvoir exécutif, cela signifie que la constitution reconnait au Président de la République la stature de commandeur du pouvoir exécutif qui détient un pouvoir discrétionnaire. Cette prérogative lui provient du fait qu’il ait eu à affronter le suffrage universel et que le peuple l’ait choisi comme celui qui doit conduire les destinées du pays.

C’est donc lui qui fixe le cap et choisit les hommes avec lesquels il veut atteindre ce cap.

Tout en Reconnaissant qu’un groupe parlementaire soutient l’action d’un Président de la République par la confiance qu’il accorde au Premier Ministre, nommé par celui-ci, lors de la présentation de politique générale. Cela ne signifie pas qu’à cause de ce soutien un groupe parlementaire ou un député puisse s’opposer au limogeage d’un Premier Ministre par le Président de la République.

Soutenir signifie accompagner, aider, maintenir, stimuler et non s’opposer qui signifie entrer dans une compétition, dans un affrontement ou faire obstacle. S’opposer c’est entrer en défi.

VIOLATION DE LA CONSTITUTIONNALITE DES LOIS.

Nul n’est censé ignorer la loi et ceux qui la votent encore moins. Or, au moins depuis L’Esprit des lois de Montesquieu, il est de notoriété publique que les démocraties modernes sont non seulement fondées sur le principe de la séparation des trois pouvoirs, mais aussi de leur équilibre. Ainsi, si l’Assemblée nationale exerce souverainement son pouvoir législatif, qu’a-t-elle à se mêler des prérogatives constitutionnelles du Président de la République ?

Pourquoi un député ou un groupe parlementaire s’opposerait-il à la volonté d’un Président de la République ? Ce groupe ou ce député seraient-ils devenus, sur le plan constitutionnel, plus important que le Président de la République ? Ce soutien tient-il aux résultats probants de l’action du Premier Ministre ou d’intérêts cachés d’un groupuscule ?

 Le départ de l’actuel Premier Ministre mettrait-il en péril la bonne marche de la nation gabonaise ? Sans ce premier ministre le pays s’arrêterait-il de fonctionner ?

Qu’y a-t-il à défendre au point de défier l’autorité du Président de la République ?

Que veut-on tant cacher qui ferait qu’il n’y ait pas de crainte à affronter le courroux d’un Président vexé par une telle sortie ?

Cette déclaration du député du PDG qui défend son premier ministre sous-couvert de tous les députés de ce parti a lieu d’inquiéter. C’est un fait inédit en République Gabonaise. Jamais depuis 1990, un tel incident constitutionnel ne s’est produit.

Même dans des démocraties comme la France, le Président de la République peut exercer son pouvoir exécutif en s’appuyant sur le fameux « 49.3 ». Donc guère d’ambiguïté à ce niveau, le Président de la République jouit de l’entière latitude de nommer et de démettre le PM. L’argument pour le moins spécieux consistant à justifier cette forme de bravade par l’invocation du vote de confiance reste limitatif parce que un autre PM peut conduire la même politique.

En rajoute à cette ambigüité, la communication du Secrétariat exécutif du PDG en date du 19 février 2020, par laquelle la déclaration du président du groupe parlementaire  n’est pas condamnée en soi, mais réinterprétée comme étant la manifestation légitime du groupe à la politique d’un des leurs à qui ils ont par ailleurs accordé un vote de confiance. Il serait logique dans ce cas de se demander à qui doivent-ils en premier témoigner fidélité et confiance, au Premier Ministre ou au Président de la République dont l’autorité se trouve être bafouée par un acte de défiance publique ?

En suivant son regard, on comprend pour qui roule Paskhal Nkoulou © Gabonactu.com

Mais par ailleurs, il peut être aisément démontré que l’actuel PM a largement torpillé cette politique, puisque l’opinion note pour le déplorer qu’il a plutôt laissé transparaitre sa totale dépendance et soumission  en direction des intérêts du groupe qui visait à déstabiliser les institutions.

 DES VIOLATIONS GRAVES DU PREMIER MINISTRE.

 J’aurais pu pointer un certain nombre d’actes qui peuvent amener à conclure que  le PM a une part importante de responsabilité dans les dérives et la mise au pas de toute la haute administration par le président de  l’AJEV. Mais je ne voudrais me limiter qu’à des manquements extrêmement graves, confinant à la haute trahison et qui sont facilement vérifiables. Les projets discutés et validés en Conseil de ministres sont préalablement présentés et adoptés en Conseil interministériel : ils bénéficient donc de la caution et de la confiance du PM. Ainsi, comment les deux projets de transmissions des titres fonciers de l’Etat à la Caisse des Dépôts et de Consignation  et du paiement des redevances pétrolières en nature ont-ils pu être présentés et adoptés en Conseil des ministres ? La preuve de leur caractère subversif et non profitable au pays est qu’ils ont tous les deux été abrogés, dès la destitution de ceux qui les avaient initiés. Tout comme on peut à juste titre s’interroger sur les lenteurs et autres bavures observées durant les manœuvres orchestrées des scénarios surréalistes d’enlèvements  d’enfants à Libreville et dans la plupart des grandes villes du Gabon. A cela, il convient de noter que ce Premier Ministre à remanier huit fois en un an son équipe et les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous.

Comment peut-on vouloir absolument son maintien? Et pourquoi s’avancer de manière publique sur une question qui est encore du domaine de la rumeur ? Même si pour ma part je serai d’avis qu’il faut le limoger.

DEFIANCE OU DESAVEU DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET LEADER DU PDG?

Sur un tout autre plan, on peut se demander ce qui motive le Groupe parlementaire à littéralement défier l’autorité du Président de la République, de surcroit, leader du PDG et de la majorité présidentielle, instance qui donne à ce groupe sa direction et sa cohérence ?  

Il y a lieu de se demander si les rumeurs faisant état de ramifications souterraines de complicité entre le gang des ajeviens et certaines personnalités politiques ne seraient pas à la base de ce qu’il conviendrait de considérer comme un chantage pour espérer se soustraire du sort peu enviable qui les attend ? 

VIOLATIONS PROCEDURALES.

De même on peut sans prétention aucune s’interroger sur l’opportunité d’une réunion du groupe parlementaire dont l’ordre du jour porterait sur le soutien à apporter au Premier Ministre pour contrer son éviction. Quand on sait que toute convocation du Groupe parlementaire est subordonnée à un ordre du jour soumis à examen. Or, dans le cas d’espèce, à quel moment une telle réunion a-t-elle pu se tenir, dans la mesure où les députés sont en vacances parlementaires. Par ailleurs, selon le protocole en vigueur, un procès-verbal dûment signé par tous les participants est censé sanctionner les travaux : où est-il fait mention de ce document ? Tout semble donc converger vers une démarche à la fois personnelle et séditieuse de quelques intrigants.

L’URGENCE D’UN SURSAUT REPUBLICAIN DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Sur ces entrefaites, il apparait que la République est en danger et que l’ensemble de ses fils épris de patriotisme et de citoyenneté devrait se mobiliser pour la sauver.

Aussi, au nom des valeurs morales, des principes et de l’ordre républicain ;

Nous condamnons avec la plus grande fermeté ce qui se révèle être une atteinte et violation à l’ordre constitutionnel du sacrosaint principe de la séparation des pouvoirs qui consacre la république et la démocratie.   

Nous demandons au Secrétariat Exécutif du PDG et au bureau de l’Assemblée nationale qu’ils recadrent le président du groupe parlementaire PDG à l’Assemblée Nationale et lui impose de présenter de façon solennelle des excuses au Président de la République et à l’ensemble des gabonais pour avoir posé un acte de défiance et d’outrage préjudiciable à la stabilité sociale et institutionnelle de notre pays.

Nous interpellons le président de la République, seul capitaine à bord du bateau Gabon pour lui dire que sa légitimité ne dépend pas d’un groupe d’homme encore moins de ceux dont l’épaisseur et l’envergure politique se cantonnent au rayon marginal de leur siège électoral et dont l’avenir politique pourrait être compromis par des enquêtes policières.

Nous réaffirmons notre engagement citoyen et républicain à faire échec à toute manœuvre qui menacerait la paix sociale et l’ordre constitutionnel de la république.

Nous invitons le Président de la République à se saisir de l’appel lancé par les gabonais sur la nécessité de traquer et de mettre hors d’état de nuire tous les potentiels auteurs et complices de détournements de fonds publics.

Appelons les gabonais à se mobiliser pour promouvoir et sauvegarder la république.

La démocratie, c’est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple.

Que Dieu bénisse notre pays.

Je vous remercie

Carl Nsitou

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