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Mort mystérieuse des carpes : le rapport préliminaire du CENAREST entretient la psychose

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Carpes mortes mystérieusement ©CENAREST

Le commissaire général du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CENAREST), le Pr Daniel Franck Idiata, a récemment publié sur son compte Facebook les conclusions préliminaires de son centre de recherches sur les échantillons d’eau et de carpes mortes prélevées dans la zone où des populations riveraines ont rapporté des cas de poissons morts par centaines.

« En l’état actuel des investigations, le rapport préliminaire des experts du CENAREST permet d’exclure quatre causes potentielles », soulignent les chercheurs gabonais.

Le texte exclut l’hypothèse d’une pollution chimique au sens de la législation gabonaise. « Contrairement aux ragots rapportés sur les réseaux sociaux, il n’y a aucune donnée permettant d’orienter les investigations dans cette direction », précisent-ils.

« La dystrophisation définie par Mc Intyre et Holmes (1971) comme un déséquilibre provoqué par les apports anthropiques d’un excès de Phosphates et d’Azote avec pour conséquence, la minéralisation de la matière organique en excès s’accompagnant d’une surconsommation de l’oxygène dissous au détriment de la faune et de la flore, ne peut pas non plus être une piste viable au vu de l’étendue spatiale du phénomène », poursuit le document.

« La piste d’une infestation parasitaire massive des poissons est aussi écartée au regard des quantités au demeurant importante de poissons morts et de la diversité des origines spatiales des sites où l’évènement a été observé », ajoute le document ayant étudié des échantillons prélevés entre Lambaréné et Ndjolé le long de l’Ogooué.

Enfin, aucun changement de végétation aquatique n’a été observé ou signalé ni par les scientifiques ni par les habitants, ce qui exclut cette piste a priori, selon la même étude.

Les chercheurs du CENAREST privilégient trois pistes. La première est une origine virale : l’origine de la mort de ces poissons pourrait être une maladie virale spécifique aux tilapias causée par le virus TiLV (Tilapi Lake Virus). Cette hypothèse est très probable au regard des cas similaires relevés dans le monde.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Carpe-de-Lambarene-1024x498.jpg.

A Lambaréné, la carpe, traditionnellement très prisée, n’attire plus les consommateurs. La déprime a gagné les pêcheurs et les revendeurs © Gabonactu.com

La deuxième est un empoisonnement alimentaire par une micro algue toxique : on sait que l’alimentation des tilapias comprend aussi et surtout des micro algues. On peut donc supposer qu’une micro algue se soit développée dans la zone et que cette micro algue a pu être consommée par les tilapias, qui en sont donc morts. Ce poison ne tuerait que les tilapias et pas les autres poissons pour des raisons que l’étude devra révéler, si cette hypothèse est vérifiée.

La troisième est un recours à des compétences extérieures. Il est important de préciser que si le CENAREST dispose de compétences certaines pour étudier cette question et donner au gouvernement des outils d’aide à la décision, il reste que le plateau technique de cette institution est totalement insuffisant. Or, le gouvernement attend des réponses très rapidement. Nous pensons qu’il faut envisager une mission internationale de deux ou trois chercheurs auprès de structures mieux équipées, en France par exemple, pour finaliser les analyses.

« C’est cette sollicitation que nous allons donc exprimer à notre hiérarchie afin de mobiliser les financements nécessaires à cette mission urgente », argumente le rapport du CENAREST.

Le gouvernement a également fait recours au Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF), un laboratoire de classe mondiale qui rendra ses conclusions dans environ une semaine.

Dans l’attente, la psychose persiste dans le pays. A Libreville, la consommation de la carpe a complètement chuté. Personne ne veut servir un repas de carpes à sa famille par crainte d’une intoxication massive. A Lambaréné, où ce poisson est culte, pêcheurs et revendeurs tentent de braver l’interdiction de pêcher, de commercialiser et de consommer la carpe, mais le doute persiste et plane dans la ville du Grand Blanc.

Carl Nsitou

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