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Mayila explique pourquoi le dialogue d’Ali Bongo est un fiasco

Mayila explique pourquoi le dialogue d’Ali Bongo est un fiasco

Me Louis Gaston Mayila, alias Misu bala @ Gabonactu.com

Libreville, 28 mai (Gabonactu.com) – Louis Gaston Mayila, avocat et figure de l’opposition gabonaise, a dans une longue prose diffusé sur sa page Facebook, expliqué pourquoi le dialogue national convoqué par le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba et celui de son ami Jean Ping sont des fiascos politiques.

 

Louis Gaston Mayila n’a participé ni au dialogue organisé par Jean Ping en décembre 2016 ni à celui d’Ali Bongo (28 mars au 25 mai 2017).

 

Pour lui le succès du dialogue organisé par le pouvoir dépendrait des éléments qu’il a ci-dessous énumérés :

 

Ce dialogue aurait pu avoir un sens si, le mandat présidentiel était limité à un seul, renouvelable une fois. Si le pouvoir des urnes n’arrive pas à limiter les mandats, que la loi le fasse, afin que le droit serve de Rempart sur lequel s’adossent les libertés, les droits de tout le monde, et les ambitions de certains d’entre nous.

 

Ce dialogue aurait pu avoir un sens si, on limitait l’âge d’accès à la fonction présidentielle, la magistrature suprême, le sommet du pouvoir d’action, comme dirait Bertrand de Jouvenel, à 35 ans minimum, 80 ans maximum, comme l’avait proposé le CND.

 

Ce dialogue aurait pu avoir un sens si, on clarifiait les rôles de tous ceux qui interviennent dans le processus électoral. Si la CENAP revue et corrigée, est confirmée dans son rôle, c’est elle qui doit proclamer les élections dont il prend la responsabilité avant, pendant et après. Une élection c’est 3 choses, sa préparation, son déroulement et son épilogue.

La Cour Constitutionnelle, si elle est juge de l’élection, se limite à l’examen du contentieux électoral. S’il juge l’élection, il ne peut pas avoir à participer à la préparation et au déroulement de cette élection.

 

Ce dialogue aurait pu avoir un sens si Mesdames et Messieurs, on décidait d’un redécoupage qui rééquilibre les circonscriptions électorales à partir d’un quotient électoral à définir. Le découpage des circonscriptions électorales, ne doit pas se solder par une augmentation du nombre de députés, ce qui serait une absurdité proverbiale, 120 députés c’est déjà trop.

 

Ce dialogue aurait pu avoir un sens si Mesdames et Messieurs, on poussait la décentralisation à ses extrêmes limites, que chaque village ou groupe de villages à partir d’un certain nombre d’habitants, devienne une commune, que ces communes soient administrées par des femmes et des hommes rompus à la gestion de la chose publique, pétris d’expérience et ayant un entregent capable de favoriser le développement de ces communes.

Il faudra alors autoriser le cumul de fonctions. Je ne dis pas le cumul de salaires et d’avantages, je dis le cumul de fonctions. Les personnes qui en ont les capacités, doivent pouvoir être Député et Maire, les personnes qui en ont les capacités et l’expérience, doivent pouvoir être Ministres et Maires, il faut que le rayonnement de leur fonction et de leur expérience, rejaillisse sur le développement de la commune.

 

Ce dialogue aurait pu avoir un sens si Mesdames et Messieurs, s’il avait été décidé ici et maintenant, que tous les entrepreneurs gabonais, que tous les investisseurs, les opérateurs économiques dans notre pays, que tous les investisseurs se réunissent pour dégager les grandes lignes qui permettent d’arriver au plein emploi. Comment créer les emplois ? Comment faire en sorte que le panier de la ménagère ne souffre pas trop ? Comment faire pour que le gabonais puisse avoir ses trois repas par jour ?

 

Ce dialogue aurait pu avoir un sens si, il avait été décidé une réforme fiscalo douanière, dans les meilleurs délais, pour mettre fin à la pagaille et au désordre financier que connait le pays. Il faut revenir à l’unicité de caisse de l’Etat. L’Etat ne peut pas avoir plusieurs caisses, tout ce que gagne l’Etat doit d’abord aller dans la caisse de l’Etat, il faut que les régies financières soient revues et corrigées, et leurs responsabilités clairement définies.

Quand vous encaissez de l’argent pour le compte de l’Etat, vous ne devenez pas copropriétaire de cet argent, et cela justifie l’obligation de rendre des comptes, l’obligation des contrôles.

 

Ce dialogue aurait pu avoir un sens si, il avait été décidé qu’en moyens et en importance, en ampleur, le budget du Ministère de l’Education Nationale soit le 1er de la Nation, cela s’appelle investir dans l’homme, investir dans l’intelligence, investir dans l’avenir. Le Ministère de l’Education Nationale qui par excellence est celui de l’égalité des chances, doit pouvoir dessiner par ses options et ses programmes, le Gabon d’aujourd’hui et celui de demain.

 

Je ne vais pas terminer, mais je voudrais dire à la fin de cette adresse que ce dialogue n’aurait eu de sens et n’aurait marqué les esprits de tous les gabonais et de ceux qui nous écoutent, que si à l’issue de ce dialogue:

 

  1. les grèves s’arrêtent, les grévistes convaincus du bien fondé de vos décisions reprennent le chemin du travail ;

 

  1. les professeurs et les élèves reprennent le chemin des classes, des écoles et des universités ;

 

  1. les chômeurs qui ont perdu un emploi, retrouvent l’espoir d’en trouver un autre, que ceux de nos diplômés sans emplois, répertoriés, identifiés, puissent compter sur la possibilité rapide de rentrer dans la vie active ;

 

  1. les gabonaises et les gabonais soient assurés que les dispensaires et les hôpitaux verront l’amélioration de leur condition de travail et approvisionnés en médicaments, pour que cesse le spectacle honteux, de voir les enfants mourir faute de soins ou les femmes accoucher dans des conditions dégradantes.

 

  1. Les personnes arrêtées et incarcérées arbitrairement depuis le 30/08/2016 soient jugées et libérées ;

 

  1. Les gabonais doivent savoir combien de personnes sont mortes ou disparues lors des événements postélectoraux. Le gouvernement doit entreprendre une action en direction des familles éprouvées.

 

DANS CES CONDITIONS, ET DANS CES CONDITIONS SEULEMENT, les gabonais verront l’utilité de vos travaux ; l’opinion pourra changer son regard sur les dirigeants actuels et à venir. On ne fait pas un dialogue seulement pour accoucher d’un gouvernement, quels que soient ses composantes et épithètes que l’on peut donner à ce gouvernement.

 

Enfin, Mesdames et Messieurs, ce Dialogue n’aurait de sens que si les décisions qui en découleront, après des débats houleux et féconds. Ces décisions doivent être entérinées par une loi référendaire pour qu’elles soient exécutoires de plein droit.

 

Ceux qui me lisent ou vont m’entendre doivent se dire : « Mais MAYILA a refusé d’aller au dialogue, de quoi veut-il encore parler ? ».

Oui, j’ai refusé de prendre part à ces non-dialogues.

Je témoigne ici à un procès, où vous avez convoqué le bien et le mal, et on ne pourra jamais mettre tout le monde d’ACCORD, c’est vrai !

 

On ne peut pas nier que la majorité des gens veulent le bien, mais comme ils sont rarement d’accord sur ce qu’il faut appeler le « bien », ce sont tous ces biens contradictoires qui finissent par produire le mal. C’est la triste réalité.

Chacun est tellement occupé et préoccupé à faire triompher « son » bien qui n’est pas celui des autres, que cela ne peut produire que le mal.

C’est là-dessus qu’il faut réfléchir.

 

Les plus grandes tragédies de l’humanité n’ont pas pour origine un mal en soi qui serait venu on ne sait d’où, mais la mauvaise compréhension des humains qui ont décidé d’appeler certaines choses « bien » parce qu’elles leur conviennent et d’autres « mal » parce qu’elles les dérangent et comme ce qui arrange les uns dérange les autres et vice versa, les problèmes ne sont jamais résolus.

 

J’arrive à la conclusion qu’on ne peut pas partir en guerre contre le mal pour que triomphe le bien, si on veut anéantir le mal, le bien aussi sera anéanti.

On ne peut triompher du mal qu’en l’apprivoisant, c’est-à-dire créer des liens, négocier, se parler, concéder ! Et plus difficile encore : se réconcilier !

 

C’est ce que dit Jésus dans la parabole de l’Ivraie et du froment : « Aux serviteurs qui lui demandent s’ils doivent arracher l’ivraie qui a poussé dans le champ de blé, le maitre répond : « non de peur qu’en arrachant l’ivraie vous ne déraciniez en même temps le blé ».

 

C’est dans ces conditions qu’on peut enfin dire,

VIVE LA REPUBLIQUE,

VIVE LE GABON,

ET QUE DIEU NOUS PRENNE DANS SA SAINTE GARDE

ET LE PLUS LONGTEMPS POSSIBLE.

AMEN

Maître Louis Gaston MAYILA

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