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Les commerçantes « nues » finalement condamnées à 3 mois de prison avec sursis

Les commerçantes « nues » finalement condamnées à 3 mois de prison avec sursis

Montage vidéo @ Gabonreview.com

 

Libreville, Gabon (Gabonactu.com) – Les commerçantes qui avaient manifestées nues pour dénoncer les violences policières dans les marchés de Libreville ont finalement été condamnées à 3 mois de prison avec sursis et une amende de 50 000 FCFA, selon une décision de justice rendue hier tribunal de Libreville.

 

Les commerçantes, quatre au total, étaient poursuivies pour atteinte aux bonnes mœurs, attentat à la pudeur et trouble à l’ordre public. Des accusations graves pour lesquelles elles risquaient la perpétuité.

Le 20 octobre dernier, ces femmes, désormais célèbres pour leur acte de bravoure, ont été jugées. Dans sa plaidoirie, le procureur de la République a requis contre 2 des 4 prévenues, 6 mois de prison dont 4 mois fermes, 2 avec sursis et une amende de 500 000 FCFA à chacune. Deux autres femmes qui avaient manifestées en sous-vêtement étaient remises en liberté provisoire.

Finalement, le juge a été plus clément que le procureur. La peine de prison sera de 3 mois avec sursis doublée d’une amende plus clémente de 50 000 FCFA au lieu de 500 000 FCFA.

« La main moins lourde de la justice a tenu compte de l’indignation qu’a suscitée ce dossier macabre », a déclaré Aminata Ondo, membre du mouvement gabonais des indignés, une association qui a apportée un soutient et une assistance indéfectible à ces femmes.

« Nous sommes complètement indignés par cette affaire surtout par la vidéo de ces femmes nues qui circule sur internet et vue dans le monde entier », a regretté Mme Ondo.

« Nous accusons la police d’avoir réalisé cette vidéo dans ses locaux et de l’avoir publié sur Internet », s’est-elle encore indignée dénonçant un manquement très grave car « ces femmes étaient bien arrêtées au marché, devant d’autres femmes qui pouvaient prêter des pagnes pour couvrir leurs sœurs mais la police a préféré les menotter, les jeter dans son camion et les trimballer dans la ville sans gène ».

La douloureuse histoire remonte au 14 octobre dernier. La police venait de déguerpir ces femmes commerçantes du site qu’elles occupaient depuis longtemps à l’ancienne gare routière, la place marchande la plus célèbre et rentable de Libreville. Motif : elles étaient des squatters.

Ces deux femmes en maillot de plage avaient déjà été relaxées le 20 octobre mais vivaient sous le régime de liberté provisoire @ DR
Ces deux femmes en maillot de plage avaient déjà été relaxées le 20 octobre mais vivaient sous le régime de liberté provisoire @ DR

La colère monte d’un cran. Les commerçantes manifestent contre les forces de l’ordre. Quatre d’entre elles, lassées, baissent la jupe, hottent les vêtements et les voici en tenue d’Adam. La scène choque. Les badauds sortent leurs téléphones portables et immortalisent les honteuses images.
La police ne se laisse pas plier. Elle interpelle les mamans pudiques. Elles sont dans un premier temps enfermées au commissariat de Nkembo dans le 2ème arrondissement. Le pasteur Georges Bruno Ngoussi, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2009 tente une médiation mais en vain.
Le 20 octobre dernier, elles sont présentées devant le Procureur de la République. La sentence est sévère : deux d’entre elles sont expédiées en prison pour attentat aux bonnes mœurs. Deux autres sont en liberté provisoire.
Les commerçantes manifestaient aussi pour dénoncer les rackets dont elles étaient quotidiennement victimes. Elles soutiennent aussi que la police serait plus dure contre les gabonaises alors que les expatriés qui exerçaient sur le même espace ont été laissées tranquilles.
Au Gabon, une femme qui se dénude en public suite à un conflit est un signe de grave malédiction.

 

Martin Safou

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4 Commentaires

  1. Patriote

    Quelle honte! Gabonais sans vertus! Ses femmes ont un message à passer et vous les foutez en tôle et les traitez comme des vulgaires criminels? Quel crime il y a à montrer son désespoirs? Et on appel cela un état de droit?

    Reply

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