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Le voyage qui a changé ma vision du Maroc (Un reportage de Yves Laurent GOMA)

Le voyage qui a changé ma vision du Maroc (Un reportage de Yves Laurent GOMA)

 

Libreville, 19 décembre (Gabonactu.com) – De l’aéroport Léon Mba de Libreville, je viens d’embarquer dans un vol de la Royale Air Maroc (RAM). Destination, Casablanca pour sept jours d’aventure dans le royaume du Roi Mohammed VI. Une odyssée qui m’inquiète et m’intrigue.

 

Ambiance plutôt détendue à bord. Je ne suis pas seul pour ce voyage organisé. J’allais dire tous frais payés par l’Office national de tourisme du Maroc. A côté de moi, Josiane, une collègue du quotidien national L’Union. Puis pêle-mêle, Thierry, Rodolphe, Loïck et Willy.

Casablanca la ville blanche, 1ère étape de notre découverte du royaume chérifien @ DR
Casablanca la ville blanche, 1ère étape de notre découverte du royaume chérifien @ DR

Le personnel navigant est correct. Bière, vin rouge et jus pour accompagner le menu. Le vol se déroule normalement mais dans ma tête trottinent plusieurs idées. « Sous le prétexte d’un voyage touristique, suis-je embarqué dans une opération de lavage de cerveau pour devenir adepte du roi et de sa religion musulmane dont il est le commandeur des croyants ? ».

Sellek le merveilleux guide de Casa, Josiane, Thiery, Fati, Loïck, Rodolphe, Willy et Hussein le parfait chauffeur qui a fait le succès de notre aventure @ Gabonactu.com
Sellek le merveilleux guide de Casa, Josiane, Thiery, Fati, Loïck, Rodolphe, Willy et Hussein le parfait chauffeur qui a fait le succès de notre aventure @ Gabonactu.com

Ces questions traversent mon esprit parce que du Maroc, je ne connais pas grand-chose sinon que cette monarchie dont l’avant dernier roi, Hassan II était un grand ami de l’ancien président gabonais Omar Bongo Ondimba et son héritier, Mohammed VI, le meilleur ami d’Ali Bongo Ondimba qui a pris le pouvoir au Gabon par les urnes après le décès de son père Omar Bongo. Une affaire de père en fils.

Casablanca, la première surprise

Le pilote a posé son avion avec une heure d’avance sur l’heure annoncée d’arrivée à Casablanca. Cela n’arrive toujours pas pour une compagnie africaine. Les formalités se passent moins bien. Thiery, le cadreur de Gabon Télévision a un mastodonte comme camera. Impossible de traverser la douane. Sa paperasse fournie par l’ambassade et l’office du tourisme ne suffit pas. Le salut est venu de Fati, l’employée de l’office du tourisme commise pour gérer notre séjour.

Nous voici enfin en route pour la ville. Climat hivernal. Assez frais pour un librevillois, chauffé en moyenne à 28°C toute l’année. Direction notre hôtel 5 étoiles annoncé dans le programme de la visite.

Four Seasons hôtel

Nous longeons la corniche de Casa, le diminutif de Casablanca. C’est l’une des meilleures adresses de la ville. Les clubs et les supers marchés sont logés le long de cette côte de l’océan Atlantique. Le Four Seasons hôtel aussi où nous sommes accueillis comme des petits princes. Un verre de thé à la menthe. « C’est le whisky marocain », sourit le porteur. Contrairement à mes idées reçues, le thé n’est pas trop sucré. Tant mieux.

Grotte notre dame de Lourdes @ Gabonactu.com
Grotte notre dame de Lourdes @ Gabonactu.com

Les formalités sont rapides. Le personnel a hâte de nous faire découvrir nos chambres. Dès que j’accède dans la mienne, je découvre un grand bonheur. Un message personnalisé écrit et signé à mon intention par le Directeur général de l’hôtel, Olivier Thomas est placé joliment sur la table de travail. J’en suis très très flatté. Une bouteille stylée est plongée dans la glace. C’est à nouveau un thé à la menthe. Des petits gâteaux, de l’eau, du café avec cafetière et surtout un lit douillé… Bref, le grand luxe. Rien ne manque dans cet hôtel où toutes les odeurs sont fraiches.

Mon enthousiasme est un peu tempéré. Dans ma valise, il y a du manioc, du piment et quelques aliments gabonais pour une fonctionnaire gabonaise basée à Casa. Je me demande si dans ce pays musulman, elle sera autorisée à monter récupérer son colis. C’est avec plaisir que le personnel de l’hôtel l’a accompagné jusque dans ma chambre où je lui ai présenté les autres membres de la délégation. Ma surprise est donc agréable. Dans la Libye de Kadhafi, je me souviens que le personnel de l’hôtel m’avait catégoriquement refusé de rentrer dans la chambre de mon collègue Rodrigue Asseyi (Africa N°1) où nous devrions effectuer un montage audio. Je pensais qu’au Maroc c’était pareille.

« Ce n’est pas la même pratique de l’islam », me confie un employé de Four Seasons, un hôtel qui venait d’ouvrir 20 jours seulement avant mon arrivée. Je comprends pourquoi le personnel est si jeune et si dynamique. Et pourquoi l’hôtel est aussi scintillant.

« C’est tout nouveau. C’est l’hôtel le plus luxueux de Casablanca et nous avons tenu de vous loger ici », déclare avec plaisir Fati s’adressant à la délégation.

Balade et histoire de Casablanca

Le repos est court. Le repas très rapide. Nous quittons l’hôtel pour une première balade dans la ville blanche. La blancheur, c’est ce qui est le plus remarquable dans cette ville. Une personne s’est ajoutée. Sellek Abdelmjid. 62 ans. Moustache. Cheveux sel poivre. Mince et allure rassurante. C’est notre guide dans la ville.

Une rue de Casa @ Gabonactu.com
Une rue de Casa @ Gabonactu.com

Dans le parking, Hussein. On l’a vu à l’aéroport. Silhouette de mannequin. Barbe et cheveux bien taillés. Le regard presque honteux sinon trop poli. C’est le chauffeur. Il roule. Les images passent. Et soudain, d’une voix un peu tremblante, Sellek commence une présentation historique de la ville. Son français est parfait. Il gorge. Parle comme un blanc mais son accent arabe ne le quitte pas.

En gros, il dit que Casablanca a été créée par des berbères sous le nom « Anfa » en 680. Au 17ème siècle, les espagnoles ont baptisé la ville du nom de Casablanca. Littéralement Maison blanche.

Des petits marocains du quartier Gironde @ Gabonactu.com
Des petits marocains du quartier Gironde @ Gabonactu.com

Sellek nous rappelle aussi que le Maroc est l’un des rares pays du Maghreb qui n’a pas de pétrole ni de gaz. Son économie repose sur le tourisme, l’agriculture et l’exploitation du phosphate. Son sous sol est par contre un peu riche en or, argent et autres minerais. Avec 3000 km de côte (sur l’océan Atlantique et la Méditerranée), le royaume est le premier producteur de poissons en Afrique. C’est l’une des plus anciennes monarchies. Le pays n’a jamais connu des problèmes entre les berbères et les arabes ou entre les musulmans et les autres religions.

somptueuse décoration du palais du gouverneur @ Gabonactu.com
somptueuse décoration du palais du gouverneur @ Gabonactu.com

Nous longeons successivement l’avenue John Kennedy et l’avenue Franklin Roosevelt, preuve des relations très anciennes entre le royaume et les Etats unis. Le quartier a aussi plusieurs symboles de la présence française. L’église notre dame de lourde où nous avons marqué un long arrêt.

Sellek profite aussi de nous parler du Roi Mohammed VI qu’il trouve très moderne. Il est le premier à se marier en public, premier à montrer son épouse et ses enfants… « Ca ne se faisait pas avant lui », lâche-t-il un petit sourire au bout des lèvres.

Une place du quartier des Habbous @ Gabonactu.com
Josiane sur une place du quartier des Habbous @ Gabonactu.com

Notre balade se poursuit dans un autre quartier Gironde, un ancien quartier de Casa. Des petits marocains jouent au ballon, d’autres sont à vélo. Nous croisons de jeunes marocains. La génération des 20 ans. Ils n’arborent pas de boubous traditionnels. Au contraire. Ils sont habillés comme dans les banlieues parisiennes. Les jeunes filles aussi ne sont pas forcement voilées. Sauf quelques unes d’un certain âge. Et pourtant nous sommes dans un quartier pas trop moderne. Mes idées sur le Maroc changent peu à peu.

Un petit détour nous mène au quartier des Habbous. Nous débouchons en face d’une vielle et imposante bâtisse. « C’est l’ancien palais du gouverneur devenu en 2012 le palais de l’administration de la région de Casablanca », explique Sellek avec beaucoup respect et d’admiration. La bâtisse est très ancienne mais hyper bien entretenue. Elle est richement décorée de la célèbre mosaïque marocaine, du bois de cèdre et d’une peinture verte qui rappelle l’islam. « Toutes ces décorations sont faites à la main et respecte la tradition islamique qui interdit toute représentation », clame notre guide.

Passage du Tramway de Casablanca. Signe du modernisme à l'occidental @ Gabonactu.com
Passage du Tramway de Casablanca. Signe du modernisme à l’occidental @ Gabonactu.com

La nuit est tombée. Le repas du soir nous est servi au cœur d’un centre commercial dans une tour au 25ème étage. Un restaurant huppé aux allures d’un club select. A table, il y a un peu de tout. Y compris le vin rouge. Encore une agréable surprise pour moi le petit chrétien dans le pays que je pensais être profondément enraciné dans l’islam fondamentaliste. Les atours des clients du restaurant démontrés à suffisance leur classe sociale : la bourgeoisie de Casablanca et peut être les tourismes fortunés venus de partout.

Joli couché de soleil sur Casablanca. Dame nature est très généreuse sur la ville @ Gabonactu.com
Joli couché de soleil sur Casablanca. Dame nature est très généreuse sur la ville @ Gabonactu.com

L’incontournable Mosquée Hassan II

La nuit a été très paisible au Four Seasons hôtel. Le réveil aussi. Sellek est déjà là pour le grand rendez-vous avec le site emblématique du tourisme dans Casablanca. La gigantesque Mosquée Hassan II.

Yves Laurent GOMA devant l’œuvre grandiose d'Hassan II @ Gabonactu.com
Yves Laurent GOMA devant l’œuvre grandiose d’Hassan II @ Gabonactu.com

Erigée en plein océan Atlantique, la mosquée domine la ville et le rivage. C’est le point de convergence des nombreux touristes. Sellek en parle au superlatif. « C’est la cinquième mosquée la plus grande du monde. Il peut accueillir 25 000 fidèles sinon un total de 150 000 personnes au même moment. Environ 10 000 ouvriers et artisans marocains y ont effectué plus de 80 millions d’heures de travail… », explique-t-il pour décrire cette œuvre monumentale dont la construction a débuté le 12 juillet 1986 et inauguré le 30 août 1993 après sept ans de travaux probablement pénibles.

A l’intérieur, nous croisons de très nombreux touristes qui ne manquent pas comme nous d’immortaliser ces très belles images grâce à leurs Smartphones, tablettes et appareils photos classiques.

Vue extérieure de la mosquée Hassan II érigée en partie sur l'océan atlantique @ Gabonactu.com
Vue extérieure de la mosquée Hassan II érigée en partie sur l’océan atlantique @ Gabonactu.com

Trop de belles choses à voire dans ce temple de l’islam qui accueille pour ce genre de visite des citoyens de toutes les religions du monde. L’unique contrainte : se déchausser avant d’entrer.

Malheureusement le temps passe très vite. Il faut quitter ce monument attachant. Le déchirement est encore assez fort au moment de quitter le Four seasons, son paisible cadre au bord de l’océan et son gentil personnel. C’est aussi le grand moment de dire au revoir à Sellek.

Direction Marrakech

Hussein et son bus aux vitres semi teintées est toujours aux commandes. Cap sur Marrakech. 2 heures de route.

Avant de quitter Casa, nous marquons un petit stop au Morocco Maull. Une autre merveille de la ville blanche. Des magasins à perte de vue qui regroupent toutes les grandes marques du monde. De la lingerie à la parfumerie en passant par l’électronique, aucune grande marque n’est absente. « C’est la preuve de la vitalité de notre économie », commente un agent d’entretien qui a accepté de bavarder un instant avec nous.

Le Sofitel Marrakech aux couleurs de la ville le soir de notre arrivée @ Gabonactu.com
Le Sofitel Marrakech aux couleurs de la ville le soir de notre arrivée @ Gabonactu.com

Nous poursuivons notre chemin. La route est impeccable. « C’est deux fois deux voies », fait remarquer un collègue. « Libreville – Lambaréné aurait pu être comme ça », renchérit un autre. Un débat éclate entre gabonais pour comparer le niveau de développement des deux pays. Fati et Hussein les deux marocains du périple écoutent mais ne disent aucun mot.

Le chemin longe les célèbres Monts Atlas, une succession de montagnes sans une épaisse végétation comme au Gabon. Le voyage dure déjà plus d’une heure. La nuit commence à tomber. Hussein, notre merveilleux « pilote » bifurque sur une aire de stationnement. « C’est la pause pipi », chuchote Fati qui profite pour prendre des bouteilles d’eau.

Marrakech la ville rouge

Nous reprenons le chemin. La fatigue gagne tout le monde. Le sommeil aussi. La nuit est déjà tombée. Il y a de moins en moins de débats pour comparer les progrès économiques du Maroc et ceux du Gabon, notre pays. C’est dans ce petit silence que nous entrons dans la ville. Nos yeux se baladent. Trop de belles images à voir. Tout doucement, notre bus s’immobilise. « Bienvenue dans la ville rouge », hurle Fati de sa petite voix de femme écartelée entre sa culture marocaine et son long séjour en Europe. Ils sont d’ailleurs très nombreux les marocains qui ont traversé la méditerranée, pour l’Europe, le principal voisin du Maghreb.

L’enseigne en face renseigne sur notre lieu de résidence. Hôtel Sofitel Marrakech. L’ambiance est festive. « Demain démarre le festival du cinéma de Marrakech. Il y a trop de stars dans l’hôtel », ajoute Fati. Notre accueil s’est très bien passé. Fati nous presse d’aller dîner hors du beau cadre du Sofitel, un sacré mélange du savoir faire français et marocain.Place 2

La place Jemaa el-Fna. Willy et les charmeurs de serpents @ Gabonactu.com
La place Jemaa el-Fna. Willy et les charmeurs de serpents @ Gabonactu.com

Nous nous jetons dans une mini-randonnée nocturne à travers les rues anciennes et assez étroite du souk, le marché de Marrakech. Sur le chemin, des petits badauds au regard curieux. Certains s’approchent et tentent de faire la manche mais sans insister.

Nous voilà au Riad Dar Essalam. Un restaurant dans la pure tradition marocaine. Plusieurs personnes sont déjà attablées. Beaucoup de touristes. Un groupe vocal agrémente la soirée. Vers la fin du repas, l’ambiance devient plus chaude. Des divas entrent en scène et font danser qui elles veulent. Tout le monde est amusé. La soirée a été mémorable. Un nouveau motif de satisfaction. Une autre surprise sur la vie du royaume de Mohamed VI.

Le vieux et le nouveau Marrakech

Ciel bleu azur. Soleil hivernal. La journée a bien démarrée ce matin à Marrakech. Notre série se poursuit. Nous traversons à pied une longue caravane de chevaux attendant des touristes pour une visite de la ville à dos de cheval.

Robes et olives du Maroc @ Gabonactu.com
Robes et olives du Maroc @ Gabonactu.com

robes

Nous nous arrêtons à la place Jemaa el-Fna, une place publique très célèbre et très fréquentée située au sud ouest de la médina ou la vieille ville historique de Marrakech. C’est le poumon culturel de la ville rouge. Il attire des millions de visiteurs par an. C’est une place incontournable inscrite en 2001 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

Des charmeurs de serpents nous accueillent pendant notre traversée de la place. Quelques amis acceptent de se faire rouler des serpents autour du coup. Pas moi. J’ai trop peur. Une partie du festival du cinéma de Marrakech se déroulera ici. Le matériel de projection est prêt. La place me rappelle l’ambiance festive de la place Tiananmen en Chine. Le petit peuple vient ici pour gagner sa vie. Les petites échoppes se succèdent. On y vend un peu de tout. Les célèbres oranges de Marrakech aussi. Mais surtout la très célèbre huile d’argon, une spécialité marocaine.

Une coopérative de fabrication d'huile d'argon et une rue ancienne de la médina @ Gabonactu.com
Une coopérative de fabrication d’huile d’argan et une rue ancienne de la médina @ Gabonactu.com

rue 2

Nous nous enfonçons doucement dans le cœur de la médina en compagnie d’un agent de l’office du tourisme de la ville. Sans oublier notre très aimable Fati. Nous atterrissons dans une coopérative de fabrication des produits bio pour la cuisine et la beauté. Huile essentielle, argan, savon de beauté, thé conditionné, pommade de soin de la peau et aussi petit massage sur place… le personnel a avalé toutes les théories de marketing pour faire vendre ces produits naturels qu’il présente comme la potion magique pour une meilleure santé. Sans douter, on a beaucoup acheté avant de partir de là pour le déjeuner.

petite balade en chameau dans le Marrakech moderne @ Gabonactu.com
petite balade en chameau dans le Marrakech moderne @ Gabonactu.com

C’est le Riad Kniza de l’hôtel Derb qui nous accueille. Menu spécial pour nous. Le tadjine et bien d’autres spécialités marocaines.

L’après midi nous filons vers le Marrakech moderne. L’avenue de France, l’avenue Mohammed V… Le luxe qui donne l’impression d’être dans un émirat pétrolier. Le Menara Mall et sa fontaine show (jet d’eau dansant au rythme de la musique qui envoute les visiteurs) est la parfaite illustration d’un pays sur le chemin de l’émergence. Nous y passons beaucoup de temps sans se rendre compte que la nuit est déjà tombée.

Nous partageons le dîner au Sofitel dans son restaurant où deux collègues sont refoulés pour n’avoir pas porté des chaussure fermées.

Rabat pour la boucle

Notre séjour tire vers la fin. Rabat est notre dernière étape. 3 heures de route et Hussein pose sa Mercedes à l’Amphitrite palace. Un palace digne de ce nom. 5 étoiles. Accueil princier. Thé et sourire. Presque rien ne manque.

La route Marrakech - Rabat. 2X2 voies  @ Gabonactu.com
La route Marrakech – Rabat. 2X2 voies @ Gabonactu.com

« Ne durez pas dans vos chambres. C’est l’heure du déjeuner », conseille Fati. Quand je découvre ma chambre, je suis très flatté. Un luxe insolent.

Les célèbres monts Atlas @ Gabonactu.com
Les célèbres monts Atlas @ Gabonactu.com

« C’est bien ici », dis-je au bagagiste qui m’a accompagné. « Pendant l’été, ce sont des clients fortunés qui séjournent ici », répond-il en précisant que les clients sont généralement des princes saoudiens, jordaniens et autres. Dans la douche, tous les produits sont faits à la fleur d’oranger. La saveur est envoutante.

La piscine de l'Amphitrite, ses mouettes et un peu loin l'océan Atlantique @ Gabonactu.com
La piscine de l’Amphitrite, ses mouettes et un peu loin l’océan Atlantique @ Gabonactu.com

Le déjeuner a lieu au bord de la piscine qui donne l’impression de se mélanger à l’océan atlantique en face. « C’est la vie de prince », commente Josiane qui rejoint le groupe à table. Le repas est irréprochable. Le responsable marketing de l’hôtel qui partage le repas avec nous explique que l’hôtel fut une partie du palais du roi. Il a finalement été séparé du palais pour en faire un hôtel 5 étoiles à vocation commerciale.

Derrière cette façade se cache un luxe insolent @ Gabonactu.com
Derrière cette façade se cache un luxe insolent @ Gabonactu.com

Situé à Skhirat Plage – à côté du Palais Royal Estival, il est loin de la cohue de la ville de Rabat la capitale du Maroc.

Le ventre soigneusement chargé, on se jette à la découverte de Rabat. La corniche en pleine rénovation, le monument Chellah qui conserve les vestiges d’une ville romaine. Situé sur l’emplacement d’une cité antique, le joli monument est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en tant que bien culturel.

Le monument Chellah à Rabat @ Gabonactu.com
Le monument Chellah à Rabat @ Gabonactu.com

Nous nous engageons dans un Rabat by nigth. Nous voici devant le mausolée Mohammed-V, le tombeau royal qui surplomb l’embouchure du fleuve Bouregreg. Le roi Hassan II, grand ami du Gabon repose ici aux côtés de son père Mohamed V et son frère Moulay Abdellah. Grand moment d’émotion pour moi qui a connu Hassan II. Je comprends finalement l’origine de l’architecture du mausolée d’Omar Bongo Ondimba à Franceville au sud est du Gabon. Son héritiers lui ont taillé la même dernière demeure que son ami Hassan II.

Nous terminons la randonnée à la médina, le grand marché de Rabat où converge le petit peuple marocain. C’est un peu comme le marché Mont Bouët à Libreville, sauf qu’ici, les choses sont assez bien organisées. « yala yala… », crient les vendeurs des vêtements. « C’est le dernier avertissement », menace un policier s’adressant à un vendeur ambulant. Il y a aussi des vendeurs par terre, un peu comme partout en Afrique.

Ici repose Hassan II, grand ami du Gabon @ Gabonactu.com
Ici repose Hassan II, grand ami du Gabon @ Gabonactu.com

Fati, de son vrais nom Fatima Zahira Bennani, veut à tout prix nous conduire sur un boulevard qui conduit vers l’Assemblée nationale. « C’est ici que les mécontents viennent manifester pour réclamer un droit. Ca se passe généralement sous encadrement de la police », explique Fati fière de vivre dans une monarchie moderne où presque tout est permis. Les barbues ne peuplent pas les rues. Le voile intégral presque inexistant. Un royaume où les populations arabophones cohabitent pacifiquement avec les berbères, où les religions ne posent aucun problème, où les étrangers mènent leur vie et les touristes profitent du beau temps et de la simplicité de la vie en Afrique.

C’est ce Maroc partagé entre la tradition et le modernisme que j’ai découvert et aimé.

 

Yves Laurent GOMA, directeur de la rédaction de Gabonactu.com (yveslaugoma@yahoo.fr)

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7 Commentaires

  1. Karim

    Tout d’abord merci beaucoup pour votre article cher mr goma ,qui m’a enormement plu et rappelez des bon souvenirs de mon cher pays;je ss nee en france et etant d’origine berbere je vous conseille la prochaine fois d’aller faire 1.tour dans le sud marocain…1 vrai carte postale.amicalement bonne continuation

    Reply
  2. DZA'A

    Bonjour chers ami(e)s journalistes. C’est beau de voyager comme ca en visite guidee. Si c’etait possible je vous conseillerais le meme voyage dans les memes conditions en Coree du Nord, je vous rassure que vous aurez les memes impressions et les memes images. Les journaliste et les touristes interesse(e)s voyagent seul(e)s, si non vous n’allez rien voir dans ces pays des dictateurs. Vous etiez entoure d’une bande de policiers en civil bien formes a la solde de la monarchie avec pour mission vous eblouir. Moi je connais le Maroc autrement, y’a quelques annees j’y etais, y’a quelques mois encore. Le vrai Maroc ou les gens restent a 10 dans 9 metres carres, ou les filles n’ont pas le droit de sortir de la maison encore moins d’aller a l’ecole, ou ou ou ……mais nous les africains on prefere dire que ca va chez nous meme si c’est le contraire que vous vivez tous les jours et que vous pensez contre une petite recompense pecuniere ou autre poste et fonction. Le Maroc est bel et bien producteur de petrole et de Gaz naturel depuis une bonne dizaine d’annee, jusqu’a preuve du contraire (https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_production_de_p%C3%A9trole). Enfin je voudrais vous demander de repartir avec un esprit de journaliste qui veut voir le vrai Maroc, mais pas en visite guidee, je crois qu’avec une camera vous ne traverserez meme pas la zone internationale, et si vous y allez en camera cache et que vous arriviez au Gabon avec ces images et commentaires, je parie que vous n’aurez pas le courage de les publier parce que ca va couter votre JOB. Le Maroc c’est comme la Chine, ce sont des dictatures avec la facade qui brille.

    Reply
    1. Tsudzi

      Il paraît que quelques DzA’A connaissent tout du Maroc à un tel point qu’ils affirment que le maroc est secrètement producteur du pétrole et du gaz plus que l’Algérie… et que les marocains comme les chinois vivent tous dans un 9 mettres carré… et que le maroc est une dictature comme la Corée du Nord…la liberté on peut la retrouver en Algérie la Corée du Sud au nord de l’Afrique…

      Reply
  3. haryouli ahmed

    Merci mr goma j’ai lu votre article de à À z j’ai eu l’impression de faire exactement le même voyage que vous j’ai même apri des choses avec vous, je suis très flate par vos appréciations et votre franc parlé vous me donner envie de faire la même trajectoire que vous c’est un honneur pour tous les marocaines de recevoir des gens comme vous mille merci mr goma

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  4. Yanis

    Merci Monsieur Goma d’avoir décrit le Maroc avec autant d’amour et de sincérité, vous serez toujours le bienvenu chez nous et vive l’amitié Maroco-Gabonaise.

    Reply
  5. Mehdi

    Merci Monsieur Goma pour cet bel article élogieux à l’endroit du Maroc. Un article que j’ai lu avec beaucoup de plaisir et de fierté. Il est vrai que le Maroc a beaucoup changé et je suis moi-même et à chacune de mes visites très positivement surpris (je suis ce qu’on appelle un MRE marocain résident à l’étranger). J’aimerais néanmoins ajouter deux autres secteurs sur lesquels repose l’économie marocain en plus de ceux que vous citez dans votre article. Il s0agit de l’industrie automobile (le Maroc est le deuxième exportateur de voitures en Afrique) et les transferts de devises par les MRE (5.5 milliards d’Euros en 2014). Ce qui prouve que les marocains de l’intérieur et de l’extérieur sont très attachés à leur patrie et à son développement. J’espère enfin que vous retournerez au Maroc en famille pour apprécier toutes les bonnes et belles choses qu’offre ce pays. Et pour être complet, il faut garder à l’esprit que quoique en « bonne » voie de développement le Maroc reste néanmoins un pays dit du tiers-monde et se doit pour accopagner son développement utiliser une partie de cette nouvelle richesse pour aider tous ces laissés pour compte du développement. Il lui faut également investir dans le développement humain pour éradiquer la pauvreté et surtout le visage hideux de celle-ci qu’est la mendicité que vous avez pu sans doute côtoyer dans les rues marocaines et que votre courtoisie dû à votre statut d’invité ne vous ont pas autorisé à en parler… Merci quand même cher Goma

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