Le sénateur Owono Nguéma convoqué à la DGR malgré son immunité parlementaire

Copie de la convocation adressée au sénateur Jean Christophe Owono Nguéma @ DR

Libreville, 28 octobre (Gabonactu.com) – Le sénateur Jean Christophe Owono Nguéma, 6ème vice président du Sénat, auteur des critiques acerbes au sujet de la révision en cours de la constitution du Gabon, est sommé de se présenter urgemment ce lundi matin à la Direction générale des recherches (DGR), le tristement célèbre service des renseignements généraux de la gendarmerie gabonaise.
 
Le sénateur est prié de se présenter à l’antenne anti-criminalité à 9h00 à la porte B1. Très peu d’hommes politiques convoqués dans ce service ressortent sans être transféré à la prison centrale après un passage devant un juge d’instruction.
 
Jean Christophe Owono Nguéma a déclenché la polémique suite à un passage sur le plateau de la chaîne de télévision francophone TV5 monde le 19 octobre dernier. Il a notamment affirmé que «Ce projet de constitution pour moi, c’est la forfaiture de trop d’Ali Bongo, parce que ce projet vise tout simplement à faire disparaître la République gabonaise pour que nous devenions une monarchie. C’est une monarchisation de la République qu’aucun Gabonais ne pourra accepter».
 
Marquant son opposition à cette révision, il a demandé au peuple gabonais de se soulever pour protester. «Ce problème politique est un problème gabonais, qui sera réglé par les Gabonais que nous sommes. Il faut que les Gabonais, à l’exemple du Togo descendent dans la rue. Qu’on affronte Ali avec ses milices. Qu’il tue ce qu’il pourra tuer, mais le reste continuera le combat. Nous devons laisser nos egos de côté pour combattre d’abord Ali Bongo», a-t-il dit.
 
Le pouvoir a vivement protesté contre ces propos « irresponsables », à travers des déclarations et un droit de réponse sur TV5 Monde. C’est l’ambassadeur du Gabon en France, Flavien Enongoué qui a donné la réplique au sénateur sur la chaîne française.
 
Le sénateur risque une peine de prison ferme pour appel à la révolte populaire et trouble à l’ordre public. Ces infractions sont prévues dans le code de procédure pénale, un vieux texte jamais révisé depuis son adoption dans les années 60.
 
Il reste que le sénateur est protégé par son immunité parlementaire. Les spécialistes n’ont pas encore expliqué si son immunité ne s’applique pas pour ces propos tenus hors de l’hémicycle et en période de non campagne électorale.

Martin Safou

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