Le Gabon perd 5 points au classement mondial de la liberté de la presse (RSF)

 

Libreville, Gabon (Gabonactu.com) – Le Gabon se situe à la 100ème  place sur 180 pays dans le classement 2016 de la liberté de la presse établi par l’ONG Reporter sans frontières (RSF), publié ce mercredi à Paris.

 

Le Gabon perd 5 points par rapport à 2015, année où le pays était classé 95ème mondial.

 

« La culture d’une presse indépendante n’est pas encore établie. L’essentiel des publications sont partisanes et l’auto-censure extrêmement prégnante. Les journalistes qui tentent de faire leur métier de façon équilibrée sont régulièrement ciblés par le gouvernement, les partis politiques ou les hommes d’affaires. Le gouvernement a annoncé en 2015 une réforme du code de la communication comprenant notamment la dépénalisation des délits de presse. La loi n’a toujours pas vu le jour, à l’exception d’un décret qui durcit un peu plus les conditions d’exercice du métier », commenté l’organisation.

 

En 2016, le meilleur pays africain pour les journalistes est la Namibie où la constitution et toutes les structures publiques favorisent le travail des journalistes.

 

Globalement, sur le continent africain, les journalistes semblent souffrir de plus en plus des violations de la liberté de la presse. C’est au Soudan du Sud (140ème) que l’on observe l’évolution la pire, avec une perte de 15 places au Classement. Dans ce pays miné par une guerre civile depuis 2013, les journalistes sont victimes des violences du conflit et de la campagne d’intimidation mise en place par les autorités.

 

Les pays en proie à des crises politiques chutent dans le Classement. Au Congo (115ème), en Ouganda (102ème) ou à Djibouti (172ème), la volonté de chefs d’Etat de se maintenir au pouvoir conduit, en période préélectorale, à des agressions envers les journalistes et une censure féroce des médias orchestrées par les autorités. Au Burundi (156ème), l’obstination présidentielle a entraîné la destruction des principaux médias indépendants du pays et l’exil de plus d’une centaine de journalistes. Le pays chute de 11 places de 2015 à 2016.

 

L’absence d’état de droit et la recrudescence de l’insécurité dans certaines régions expliquent le recul de pays comme le Nigeria (116ème), où les journalistes sont menacés par des membres de Boko Haram et des agents de l’Etat. La présence de groupes djihadistes nuit directement à la liberté de l’information : au Mali (122ème) par exemple, le groupe terroriste “Gardiens de l’Enfer” a menacé en 2015 d’égorger tous les journalistes étrangers et maliens travaillant pour des médias étrangers.

 

L’Erythrée (180ème) pointe une nouvelle fois à la dernière place du Classement. Ce pays où la liberté d’expression n’est pas seulement bafouée mais littéralement abolie s’illustre par sa stagnation. Les autorités, qui entrouvrent leurs portes aux journalistes étrangers, sous un contrôle très étroit, laissent en revanche les portes des prisons fermées à double tour sur les journalistes locaux.

 

Diamétralement opposée, la Namibie est, avec sa 17ème place, le pays d’Afrique le mieux classé. La Constitution y garantit la liberté de la presse. Les journalistes vivent plutôt en sécurité et dans un paysage médiatique pluraliste. Internet y est notamment un réel espace de liberté.

 

Martin Safou

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