Le citoyen Brice Ndong adresse une lettre ouverte à Ali Bongo Ondimba suite à la destruction de son patrimoine

Libreville, Gabon (Gabonactu.com) – Le citoyen Brice Ndong, journaliste affairiste, en grève de la faim depuis la semaine dernière a décidé d’adresser une lettre ouverte au chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, suite à la destruction au bulldozer de son patrimoine immobilier où avaient fleuri de nombreux petits commerces, aujourd’hui totalement rasés, au carrefour camp de Gaule dans le premier arrondissement de Libreville.

Photo : montage facebook par Brice Ndong
Photo : montage facebook par Brice Ndong

Gabonactu.com par solidarité avec ce confrère ravagé publie l’intégralité de cette lettre par laquelle, le journaliste réclame une réparation du grave préjudice causé en s’appuyant sur la constitution gabonaise.
Monsieur Brice NDONG
Profession : Journaliste (Directeur de Publication du Magazine Coopération Internationale)
Qualité : Opérateur économique sinistré
Tel : 04 65 57 57
LETTRE OUVERTE A MONSIEUR ALI BONGO ONDIMBA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE GABONAISE

OBJET : LES RAISONS DE MA GREVE DE LA FAIM
(Copies aux Chefs des missions diplomatiques accrédités au Gabon, la presse nationale et internationale, à l’Archevêque de Libreville, Direction Générale des Recherches, Police Publique et de Défense Nationale.)

türk takipçi satın alExcellence Monsieur le Président de la République,
Dans la matinée du vendredi 17 Octobre, les engins lourds du génie militaire, encadrés par des éléments du l’unité d’élite de la gendarmerie nationale fortement armés, ont été déployés au carrefour camp De Gaulle pour détruire toutes les structures commerciales appartenant aux jeunes entrepreneurs gabonais. Tout mon investissement à savoir : Un ensemble de neufs bâtiments et tous les biens qui s’y trouvaient ont été démolis. Les militaires que j’ai pu questionné m’ont déclaré qu’ils agissaient sur instruction du secrétariat général de la Présidence de la République sans qu’aucun Ordre de mission dument signé n’ait été présenté aux propriétaires que nous sommes.

Monsieur le Président de la République, toute action de l’Etat doit être fondée que sur l’utilité commune et le respect des libertés et droits de chaque citoyen. L’Etat n’est pas là pour appauvrir son peuple, mais assurer le bien vivre ensemble. Un Etat responsable doit, en pareille circonstance, négocier au préalable avec son peuple et l’usage de la force publique n’est que le dernier recours.

Si l’Etat a un quelconque projet à entreprendre au camp De Gaulle, dans l’intérêt général, il aurait fallu avant tout identifier tous les propriétaires des bien concernés, les sensibiliser puis organiser des réunions d’information avec pour objet d’apporter à ces derniers les informations et les réponses dont ils ont besoin en termes d’accompagnement de leur situation.

A mon appréciation, l’opération des démolitions actuelles dans Libreville, n’est pas une opération de Monsieur Ali Bongo encore moins de Monsieur Ngambia Magloire, mais bien celle de l’Etat gabonais. Aucun citoyen sérieux ne peut s’opposer à une politique visant à améliorer les conditions de vie de tous. Cependant, Pour que les citoyens le constatent et comprennent la nécessité de la contribution publique, il faut que les administrations fassent un effort de pédagogie et respectent les normes légales. Tout gouvernement qui défend son peuple doit adopter un comportement citoyen et responsable.

Or, rien de tout cela n’a été fait au Camp de Gaulle. Tous nos biens ont été démolis sans aucune autre forme de procès. Il s’agit ni plus ni moins que d’une opération de voyous car aucune administration ne s’est présentés à nous pour assumer cette décision. Nous n’avons à ce jour aucun interlocuteur. Nous apprenons avec la plus grande stupéfaction qu’il s’est agi, pour les auteurs de ces démolitions, de dégager le domaine public, mais de quel domaine public s’agit-il ?
Comme la plupart des sinistrés du camp De Gaulle, j’ai entrepris, depuis novembre 2009, de lourds travaux de transformation et de viabilisation du marécage pour y ériger un centre commercial. Tous ces travaux se sont déroulés pendant plusieurs années au vu et au su des autorités. La question légitime que l’on est en droit de se poser est celle de savoir pourquoi l’Etat ne nous avait pas empêchés d’investir à cet endroit ? La Constitution de la République dont vous êtes le garant dit en son article 5 je cite : « La loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas ».
Monsieur le Président de la République, le Grand Prix de l’Excellence que vous avez tenu à initier et à parrainer vise à récompenser les entrepreneurs accomplis ou novices, qui ont déjà une affaire ou simplement une idée. Les jeunes gabonais que nous sommes qui avons, par nos soins, entrepris de monter des affaires au Camp De Gaulle constatons avec amertume qu’en lieu et place des encouragements de l’Etat, nous récoltons des démolitions de nos biens sans aucune indemnité.
Vous avez appelé à une nouvelle génération d’acteurs économiques et demandé aux jeunes gabonais de relever le défi générationnel-Vous avez lancé un appel à la mobilisation de nos énergies pour que la volonté d’entreprendre deviennent le moteur de la transformation économique de notre pays- Enfin, vous avez dit je cite : « faire du Gabon un pays émergent ne peut pas relever de simple incantation, ni d’un slogan servi à longueur de discours »
Je suis un jeune gabonais qui a cru en lui-même avec courage et audace en construisant un centre commercial au Carrefour camp de Gaulle dans lequel plus d’une centaine de nos compatriotes a trouvé des emplois depuis avril 2011. Aujourd’hui, tout mon investissement a été détruit par l’Etat sans aucune autre forme de procès mettant au chômage quinze compatriotes et expatriés qui y exerçaient avant les démolitions. Du jour au lendemain tous mes efforts se sont volatilisés, ma vie et l’avenir de mes enfants compromis.
Monsieur le Président de la République, s’il y a de loi, elle doit être l’expression de la volonté générale et la même pour tous. Tous les citoyens étant égaux en droits, ils sont admissibles à toutes dignités, sans autres distinctions que celle de leurs vertus et de leurs efforts.
C’est pourquoi, j’entame une Grève de la faim pour protester contre cette injustice et montrer l’exemple à tous les compatriotes qui sont dans la même situation que moi. Je dis aux actuels et futurs sinistrés que dans la vie d’un peuple il y a des moments de sacrifices. Je ne suis pas un martyr, j’aime la vie et mes enfants, mais tous les Gabonais doivent demeurer libres et égaux en droits.
Je demande une juste indemnisation de tous mes biens qui ont été détruits par l’Etat au carrefour Camp de Gaulle comme le prévoit notre Constitution en son article 17.
Je vous remercie vivement de l’examen bienveillant que vous voudrez bien faire de cette situation. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Fait à Libreville le 20 Octobre 2014
Monsieur Brice NDONG
Propriétaire sinistré du Camp De Gaulle
(Monsieur Brice NDONG est Directeur de Publication du Magazine Coopération Internationale- IVLP 2010 du Département d’Etat américain- Travaille depuis 2008 en collaboration avec les ambassades et organismes internationaux accrédités aux Gabon- Administrateur de l’Organisme Canadien Information Pour Tous)

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