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L’ancien ministre congolais de la Défense se prononce contre le ’’tripatouillage’’ constitutionnel

L’ancien ministre congolais de la Défense se prononce contre le ’’tripatouillage’’ constitutionnel

Libreville, Gabon (Gabonactu.com) – Dans une interview accordée à notre confrère Rfi et diffusée mercredi, l’ancien ministre congolais de la Défense, Charles Zacharie Bowao a jugé inopportun le changement constitutionnel au Congo-Brazza et dit qu’il quitterait le parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) si un référendum était organisé.

« Jusqu’à la preuve du contraire, je suis membre du bureau politique et tant que ce débat n’est pas épuisé, je le démêlerai. Si par extraordinaire, le président décidait d’aller au référendum, il est évident que j’aurais eu la preuve que tout le combat que nous avons entrepris sous son autorité aura échoué et à ce moment-là, ma place n’est plus au sein du PCT, en tout cas un coup d’Etat constitutionnel n’est pas une chose à laquelle je participerai, je m’abstiendrai », a-t-il déclaré à Rfi.

Depuis plusieurs mois, la classe politique congolaise est divisée sur l’opportunité ou non de changer la constitution de janvier 2012. Elle était pourtant censée gommer les manquements de celle du 15 mars 1992 qui a permis au professeur Pascal Lissouba que Sassou Nguesso a renversé par un coup d’Etat ayant abouti à une guerre civile, d’être le premier président démocratiquement élu après la conférence nationale souveraine de 1991.

Derrière ces joutes, il semble qu’une partie de la classe politique congolaise voudrait amener le président Denis Sassou Nguesso à changer la constitution pour briguer un troisième mandat que lui interdit l’actuelle loi fondamentale.

Elle limite les mandats présidentiels à deux et l’âge maximum des candidats à 70 ans. Or, le président congolais est actuellement âgé d’un peu plus de 70 ans et l’élection aura lieu en été 2016 !

Selon Charles Zacharie Bowao, « c’est le bureau politique et le comité central qui se sont prononcés dans une grande confusion procédurale en faveur du changement de la Constitution. Ceux des autorités nationales, comme le président de l’Assemblée [Justin Koumba], comme le ministre en charge des questions foncières [Pierre Mabiala], qui ont lancé ce débat pour des raisons qui sont à leur discrétion, ont clairement dit qu’ils le faisaient pour permettre au président de pouvoir briguer un troisième mandat ».

A l’allure où vont les choses, les congolais pourraient s’attendre à vivre une nouvelle crise politique si un passage en force est tenté sur le changement constitutionnel qui ne vise qu’à recoudre la veste d’un individu, pense-t-on.

Pour éviter qu’une crise n’éclate, M. Bowao prose donc au président Sassou Nguesso de se mettre au-dessus de la mêlée en respectant l’actuelle Constitution.

« Ça veut dire, ne pas se donner une démarche, qui demain nous amène au changement de la Constitution et il entreprend le processus qui devra aboutir demain à l’élection apaisée du nouveau président de la République en 2016 ; ce qui lui permettra d’entrer dans l’histoire par la grande porte ; ça va le hisser au niveau où il mérite d’être », a-t-il proposé.

Cependant, l’ancien ministre de la Défense récuse toutes les thèses qui lui prêtent les intentions de se présenter contre son maître à la prochaine élection présidentielle.

En côte d’Ivoire, pays ami du Congo, le président Ouattara a refusé toute modification constitutionnelle avant l’élection présidentielle d’octobre 2015 prochain. Son homologue congolais devrait s’en inspirer.

 

Précieux KOUMBA

Source : RFI

Photo : DR.

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