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La retraite politique de Mba Abessole ne fait couler aucune larme (Retro)

La retraite politique de Mba Abessole ne fait couler aucune larme (Retro)

A genoux devant Omar Bongo, Paul Mba Abessole a terminé KO devant Ali Bongo @ DR

Libreville, 7 novembre (Gabonactu.com) – Paul Mba Abessole, figure emblématique de la lutte contre le pouvoir hégémonique d’Omar Bongo Ondimba dans les années 90, a officiellement pris sa retraite politique le 29 octobre dernier à l’issue d’un congrès de son parti, le Rassemblement pour le Gabon (RPG), un machin aussi obscure que son père géniteur.

 

A 78 ans, le près qui avait enfilé un béret noir et pris une hache pour terrasser le baobab Omar Bongo Ondimba a finalement tourné la page sans atteindre son idéal. Omar Bongo Ondimba ne dirige certes plus le Gabon, mais son fils assure la continuité du système.

 

Les missiles cappas, les homélies et autres appels à la révolte populaire n’ont pas permis à l’ancien prêtre de déboulonner le système dont finalement il aurait été, de l’avis de beaucoup de gabonais, le meilleur protecteur au point où ce qui ont aveuglement cru à son combat sont devenus ses farouches ennemis.

 

Tout commence dans les années 70 alors que ce jeune prêtre est censé se consacrer à la mission d’évangélisation et au sauvetage des âmes perdues. Il sonne la critique contre le Parti démocratique gabonais, le puissant parti unique d’Omar Bongo. En 1976, il est contraint à l’exile en France où il devient de plus virulent. Le désormais opposant au système triomphant d’Omar Bongo affute son discours et ses réseaux.

 

Sa montée en puissance sur la place de Paris inquiète sérieusement Omar Bongo. Le vieux stratège réussi à le faire revenir au pays, contre l’avis des barrons de son régime.

 

Paul Mba Abessole réussi avec un succès fulgurant à combattre le système de l’intérieur. La conférence nationale de mars – avril 1990 le propulsera au sommet de son art politique et oratoire. Son sortie politique et ses discours sont scrutés comme des messes d’un pape.

 

Naturellement, aux élections parlementaires de 1990, il se présente comme candidat du MORENA à Libreville. Au premier tour, il recueille 49,44 % des voix, un peu moins que la majorité requise pour une victoire au premier tour ; suspectant une fraude, il refuse de participer au second tour et appelle à un boycott de ce second tour.

Le 5 octobre 1993, il annonce sa candidature à l’élection présidentielle sous couvert du RNB. Il est le principal candidat de l’opposition et arrive second avec 26,5 % des voix, selon les résultats officiels, tandis qu’Omar Bongo est crédité d’une courte victoire dès le premier tour. Dénonçant les résultats officiels comme frauduleux, Paul Mba Abessole s’auto-proclame Président et nomme Pierre-André Kombila, premier secrétaire du parti, comme premier ministre.

La réaction du pouvoir est vigoureuse.  Sa maison de Libreville ainsi que la station radio d’opposition « Radio liberté » sont détruites par la garde présidentielle en février 1994, entraînant son retour à Paris. En mars 1994, le premier ministre Casimir Oye Mba offre au RNB d’entrer au gouvernement mais Paul Mba Abessole rejette cette offre. Il refuse aussi de participer au gouvernement du premier ministre Paulin Obame-Nguema, formé après la signature des accords de Paris entre le gouvernement et l’opposition en octobre 1994. Le RNB remporte les élections municipales de 1996 à Libreville et Paul Mba Abessole est élu maire de Libreville par le conseil municipal.

 

Depuis son fauteuil de maire de Libreville, l’opposant radical prône désormais la convivialité avec le régime. Sa vraie face se dévoile. L’hémorragie abonde dans les rangs de son parti. Son entrée au gouvernement en janvier 2002 achève sa carrière d’opposant radicale.

 

Affairiste, son ventre grossi. Sa tête aussi. Il écrase tous les contestataires du parti. Jusqu’au dernier jour, il a continué à faire le vide autour de lui. Laissant un parti sans commandant en chef. C’est quasiment la tragédie du roi Christophe.

 

Personne ne le pleure. Personne n’a des larmes pour les 45 ans de lutte politique de cet homme qui avait trahi le Vatican et qui en 1993 escamota les chances d’une réelle alternance au pouvoir au Gabon.

Martin Safou

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