La fusion de la bourse de Douala et la BVMAC met un terme à la honte dans la CEMAC (COSUMAF)

Raphaël Tung Nsue (au centre)  dans la salle de réunion de la COSUMAF le 10 novembre à Libreville @ Gabonactu.com

Libreville, 12 novembre (Gabonactu.com) – Le président de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF), l’équato-guinéen, Rafael Tung Nsue, a confessé vendredi à Libreville dans une conférence de presse en guise de son action à la tête de cette institution qu’il s’apprête à quitter au terme d’un mandat de 5 ans que, la coexistence de deux bourses dans la CEMAC était une source de « honte » dans les rencontres internationales où l’on ne comprenait pas l’opportunité d’une telle dualité.
 
« C’était honteux lorsqu’on évoquait cette question. C’était bizarre. Lors des réunions internationales, les gens ne comprenaient pas pourquoi deux bourses dans un même espace d’intégration sous régionale », a dit le président de la COSUMAF traduisant le tord qu’une telle situation a provoqué à la sous-région.
 
« La décision qui vient d’être prise par les chefs d’Etat de la CEMAC de procéder à l’intégration du marché financier national du Cameroun avec le marché financier régional est historique », s’est-il soulagé.
 
Selon cette décision, le siège de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) est dorénavant fixé à Douala au Cameroun. Celui de la COSUMAF reste à Libreville. Le dépositaire central siègera au sein de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) au Cameroun.
 
« Je suis donc heureux que les ministres des Finances et les chefs d’Etats de la CEMAC aient entendu nos cris d’alarme », a soupiré celui qui avait pour mandat de conduire le processus d’intégration du marché régional et du marché financier national du Cameroun.
 
Selon M. Tung Nsue, la CEMAC a bénéficié pour ce rapprochement de l’expertise de la Banque africaine de développement (BAD) qui a suggéré une « fusion croisée » c’est-à-dire ériger Douala en place financière de la région et Libreville en place de la régulation. La capitale gabonaise rassemble les des institutions de régulation comme la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC), la Conférence internationale des marchés d’assurance (CIMA) et la COSUMAF.
 

Mise en œuvre

 
Le président de la COSUMAF a indiqué que son institution a proposé un délai de 3 ans pour parachever le rapprochement des deux marchés. La conférence des chefs d’Etat tenue dernièrement à Ndjamena au Tchad a décidé d’achever ce rapprochement dans un délai de 2 ans.
 
M. Tung Nsue n’a pas un chronogramme exact de déroulement de cette opération. Il a estimé qu’une commission ad ‘hoc sera mise en place pour étudier et évaluer la faisabilité. Il ne s’agira pas uniquement de déménager dans des conteneurs les meubles de la BVMAC à Libreville pour aller les disposer à Douala. Il y a des aspects juridiques, économiques et techniques à régler.
 
Le président de la COSUMAF s’est montré particulièrement optimiste sur la suite des opérations et le succès futur de la bourse régional. Une étude a montré que le marché financier de l’Afrique centrale est capable d’offrir aux investisseurs une levée de fonds de 200 milliards de FCFA par mois soit 2 mille milliards de FCFA par an.
 
Depuis son entrée en activité en 2009, la BVMAC a déjà levé 1 000 milliards de FCFA. Le nombre d’intermédiaires en bourse a accru pour atteindre 9 sociétés.

Carl Nsitou

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