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Il inadmissible que certains opérateurs échappent à l’impôt pendant que d’autres s’y soumettent (Joël Ogouma)

Il inadmissible que certains opérateurs échappent à l’impôt pendant que d’autres s’y soumettent (Joël Ogouma)

 

 

 

Libreville, Gabon (Gabonactu.com) – Le Directeur général des Impôts, Joël Ogouma est clair : il est inadmissible que certains opérateurs économiques échappent à l’impôt pendant que d’autres s’y soumettent, a-t-il déclaré dans un entretien à cœur ouvert à Gabonactu.com en marge du lancement officiel de l’opération de recensement des commerçants du marché Mont Bouët, le plus grand centre commercial du Gabon.

 

 

 

Gabonactu.com : en quoi consiste l’opération qui vient d’être lancée au marché Mont Bouët de Libreville ?

 

 

Joël Ogouma : la campagne de fiscalisation des commerçants au marché Mont Bouët consiste au recensement, à l’immatriculation, à la taxation et au recouvrement des impôts et taxes dus par ces commerçants en raison de leurs activités. Il s’agit de contrôler le respect des obligations déclaratives et les obligations de paiement. Ceci selon une approche de conseil et d’assistance sachant que nombre de contribuables ne connaissent toujours pas leurs obligations fiscales.

 

Les obligations déclaratives concernent les déclarations d’existence, les déclarations de revenus, le seuil d’activités pour l’assujettissement à la TVA, les changements significatifs ayant modifiés les conditions d’exploitation. Les obligations de paiement concernent le règlement des impôts auto liquidés tel que la patente, l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur les personnes physiques. Il y a aussi le paiement des retenus opérés à savoir les retenus sur salaire, la taxe spéciale immobilière sur les loyers. Grosso modo, il s’agit de s’assurer que les commerçants exerçant dans la zone de Mont Bouët sont en règle en vers l’administration fiscale.

 

 Quel est l’enjeu d’une telle opération ?

 

L’opération résulte d’un constat. Le plus grand marché du Gabon reste insuffisamment administré sur le plan fiscal. C’est une zone où ne cesse de se développer des activités informelles alors que s’effectuent tous les mois des transactions de plusieurs milliards de FCFA en violation de la législation fiscale en vigueur. Notre Projet annuel de performance (PAP) fait de la lutte contre le secteur informel une priorité. Une priorité par rapport à l’égalité devant l’impôt afin de garantir l’élargissement de l’assiette. Il importe d’accroitre donc les recettes du secteur informel au budget de l’Etat. D’établir ainsi l’équité fiscale parce qu’il est inadmissible que certains opérateurs échappent à l’impôt pendant que d’autres s’y soumettent. En conclusion, cette opération, au-delà des régularisations, vise à promouvoir le civisme fiscal.

 

Joël Ogouma plus que jamais déterminé à fiscaliser tous les commerçants de Mont Bouët @ Gabonactu.com
Joël Ogouma plus que jamais déterminé à fiscaliser tous les commerçants de Mont Bouët @ Gabonactu.com

 

Ces opérations ne se faisaient pas avant. Pourquoi maintenant. Parce que le pays n’a plus d’argent ?

 

Il s’agit de se conformer aux standards internationaux. D’améliorer le recouvrement des impôts et taxes. Si dans le passé, malgré quelques tentatives, les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes, il s’agit aujourd’hui de définir des stratégies adaptées, efficaces pour élargir l’assiette, assujettir tous les contribuables au paiement des impôts et taxes telle que stipulé par la loi. Il est important que tous les contribuables se soumettent à l’impôt. Ce sont les petites rivières  qui font les grands océans.Ce ne sont pas seulement les grandes entreprises structurées qui doivent payer leurs taxes, ni les agents du secteur privé et public dont les impôts sont retenus à la source qui doivent supporter le fardeau fiscal. Tous les acteurs de l’économie doivent participer à l’effort de développement du pays.

 

 

Le marché Mont Bouët, c’est le plus grand centre commercial du pays. On y trouve malheureusement des tous petits détaillants qui vendent quelques tas de piments ou morceaux de savon. Seront-ils taxés aussi ?

 

 

En fait, il ne s’agit pas de procéder à un racket inconsidéré. Toutes les dispositions ont été prises. L’impôt sera levé en fonction de la surface financière de l’opérateur économique. Le petit commerçant qui vend quelques tas de bananes ne sera pas fiscalisé de la même manière qu’un commerçant qui vend de la friperie par conteneur entier ou qui se livre à la vente des pièces détachées de voiture. Donc le barème de l’impôt est progressif et personnel en fonction du volume des activités.

 

 

Le recensement  actuel des commerçants vise à imposer la culture fiscale dans le pays @ Gabonactu.com
Le recensement actuel des commerçants vise à imposer la culture fiscale dans le pays @ Gabonactu.com

Il reste que les commerçants se plaignent déjà de trop payer (timbres municipaux, sécurité, nettoyage…). Le paiement de l’impôt supprimera-t-il toutes les autres taxes ?

 

 

Nous entendons faire bon ordre dans les différents prélèvements effectués par diverses administrations. En prélude à notre opération, nous nous sommes retrouvés avec les agents de la mairie pour s’accorder du mode opératoire et convenir des stratégies à mettre en place pour un meilleur prélèvement des impôts et taxes. Notre opération n’est pas redondante ou il ne s’agit pas d’un double emploi par rapport aux prélèvements effectués par d’autres administrations. Il faut noter que les prélèvements effectués par la mairie et autres administrations n’ont rien à voir avec le code général des impôts.

 

 

Votre opération suscite tout de même la peur à cause de la forte présence des forces de l’ordre.

 

 

Je voudrais rassurer les opérateurs économiques. En fait, il s’agit de les sensibiliser sur leurs obligations. Et c’est tout. A ce titre, nous avons mis sur le terrain des professionnels assermentés, d’une probité irréprochable pour conduire cette opération. La présence des forces de sécurité c’est pour un besoin de sécurité publique. Nous souhaitons éviter tout dérapage, d’où la présence des forces de sécurité.

 

Propos recueillis par Yves Laurent GOMA

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2 Commentaires

  1. Ratanga Thierry

    L’Etat gagnerait à faire le ménage dans ses rangs si l’on veut vraiment la stabilité des ressources budgétaires notamment en pénalisant les fraudes fiscales en tout genre! Quand on le voudra, on le fera, nous savons tous où se trouve les ressources et comment les récupérer légalement.

    Reply
  2. Ratanga Thierry

    est-il normal qu’un Etat paye à ses agants des sommes colossales qui n’apparaissent sur aucun bulletin de salaire ( toutes les primes et indemnité dont la dénomination même est sujet à interrogation)? Est-il juste et équitable que la moindre rémunération payée à un salarié ( du privé) fasse l’objet d’un prélèvement fiscal ( à l’exception des rémunérations payées une fois l’an)? Est-il normal que l’IRRP soit prelévé par les Entretreprises privées sur les rémunérations salariales de femmes mariés et vivants sous le même toit que leur époux alors même que la loi pprécise que c’est au chef de famille de payer cet impot? Qui paye au gabon l’Impot sur le propriétés batis et non batis?

    Reply

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