Une gabonaise et son bébé séquestrés à l’hôpital « Egypto » pour non-paiement des frais d’accouchement

Une gabonaise et son bébé séquestrés à l’hôpital « Egypto » pour non-paiement des frais d’accouchement

Ange Séphora, une prématurée, a été séquestrée durant plus de six mois dans une clinique de Libreville. Une révélation de son calvaire dans la presse avait suscité une vague de solidarité nationale. La Première dame, Sylvia Bongo Ondimba, avait versé les 2 millions de FCFA réclamés par la clinique pour avoir pris en charge le bébé © archives Gabonactu.com

Libreville, 12 juin (Gabonactu.com) – Une gabonaise d’une vingtaine d’années extrêmement démunie est actuellement séquestrée avec son bébé de sexe féminin à l’hôpital public de la coopération égypto-gabonaise, plus connu sous « Egypto », pour non-paiement des frais d’accouchement, a appris Gabonactu.com auprès du voisinage des deux « otages ».

 

Maminou, dont le vrai nom est volontairement tu, a accouché à son domicile le vendredi le 7 juin. Orpheline de mère, la jeune gabonaise, déjà mère d’une fille d’environ 3 ans, a volontairement choisi d’accoucher seule dans son taudis pour n’avoir effectué aucun examen prénatal durant les neuf mois de grossesse.

Le voisinage a été alerté par la première fille de Maminou qui criait très fort en voyant sa maman saigner abandonnement. Une volontaire du Samu social gabonais résidant dans le quartier a aidé la  parturiente à couper le cordon ombilical grâce aux instructions données par une infirmière de ce service contactée au téléphone via le numéro vert 1488.

Maminou et son enfant ont été conduites en taxi à l’hôpital Egypto pour une prise en charge. La petite maman et son bébé sont complètement abandonnées par les parents. Faute d’acte de naissance, la mère n’avait pas pu être immatriculée à la CNAMGS. Elle bénéficierait ainsi d’une prise en charge.

L’hôpital lui réclame 50 000 FCFA qu’elle ne peut pas payer. L’auteur de la grossesse est introuvable. La gabonaise se serait livrée à un ou deux hommes pour trouver de quoi nourrir Shidima, sa première fille.

Pour se nourrir à l’hôpital, Maminou compte sur la solidarité entre parturientes. Bien qu’elle ait accouché normalement, elle ne manifeste aucune joie. Au contraire une profonde tristesse, car ne sachant pas comment payer la note de l’hôpital et à long terme comment élever ses deux bâtardes.

Maminou n’est pas la seule mère à avoir été séquestrée avec son nouveau-né dans un hôpital au Gabon. Plusieurs autres ont subi ce triste sort. D’autres trompent la vigilance des services hospitaliers pour se tirer d’affaire.

Ce phénomène est, en partie, à l’origine des problèmes d’acte de naissance qui touchent 11 % de la population gabonaise, selon une étude de la Direction générale du Bien- être. Les hôpitaux ne délivrent pas de certificat d’accouchement aux mamans qui ne payent pas leur facture. Et sans certificat d’accouchement, impossible de faire établir un acte de naissance.

Pour mettre fin à ce phénomène, le président Ali Bongo Ondimba a décidé de la gratuité des accouchements pour toutes les femmes de plus de 18 ans. Le cas de Maminou démontre que la réalité est autre dans les hôpitaux. Dans son message à la nation le 8 juin dernier, le chef de l’Etat a dénoncé les travers dans l’administration publique, dont les hôpitaux.

Carl Nsitou

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