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FCFA : « nous soutenons la décision de Patrice Talon de rapatrier de France les réserves extérieures du Bénin » (Mamadou Sacko Otambo, homme politique africain)

FCFA : « nous soutenons la décision de Patrice Talon de rapatrier de France les réserves extérieures du Bénin » (Mamadou Sacko Otambo, homme politique africain)

L’intellectuel et homme politique africain, Mamadou Sacko Otambo © Gabonactu.com

Intellectuel et homme politique africain, Mamadou Sacko Otambo a, dans un entretien à cœur ouvert, dit toute son admiration sur le courage politique du président béninois, Patrice Talon, premier chef d’Etat d’Afrique francophone ayant dit tout haut ce que ses autres collègues murmurent sous la moustiquaire à propos du FCFA, monnaie commune à 15 pays du continent noir héritée de la colonisation française. Entretien à lire absolument !

Gabonactu.com : Le Président Béninois a fait une déclaration qui a été très remarquable, Il a dit qu’à partir de maintenant le Bénin doit rapatrier ses avoirs extérieurs stockés au Trésor français. Quelle réaction cette déclaration a-t-elle a suscité auprès de vous intellectuels africains ?


 

Je pense que c’est une grande avancée pour nous la nouvelle génération de politiciens africains. Jusqu’ici question du francs CFA a toujours été un grand tabou. S’y attaquer pouvait porter malheur. Au niveau de nos dirigeants africains, tous ceux qui s’en sont mêlés, qui ont voulu faire d’autres suggestions, sont quasi tombés dans les oubliettes.  Je pense que c’est très courageux de sa part et il mérite d’être soutenu. Je pense qu’il est temps que ces réserves reviennent en Afrique.  Parce que comment voulez-vous comprendre que notre monnaie le franc CFA, qui est utilisée par 15 pays africains ne soit même pas cotée sur la place de Paris et que nos réserves se trouvent là-bas dans le trésor français ? Ce n’est pas normal, il est grand temps que ça change. La France c’est notre meilleur partenaire mais vraiment il faut que les choses évoluent.  Moi je suis d’accord avec le président béninois. Je souhaite que tous les africains qui ont le FCFA comme monnaie lui apportent un soutien massif.

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Le Francs FCFA, un héritage colonial qui empercherait les 15 pays francophones africains de se développer  © D.R

Rapatrier les avoirs extérieurs mettra inéluctablement fin à la parité actuelle entre le FCFA et l’Euro.La France explique que ce mécanisme de séquestration de devises permet de stabiliser le FCFA, un grand avantage pour les 15 Etats qui ont en commun cette monnaie ?

Non ! je pense que c’est un faux débat qui ne tient plus. On l’a dit depuis fort longtemps. Comment est-ce que font les autres pays comme le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Syrie, la Guinée, le Nigeria, le Ghana, l’Angola et j’en passe ? Tous ces pays ont chacun sa monnaie. Comment ils font? Qui séquestre leurs avoirs ? Non, la recette qui a été bonne à un certain moment ne peut pas l’être éternellement. Il faut la flexibilité dans une monnaie. Les Mwala-mwala comme le dit le président Talon doit être arrimé au Dollar, au Yen, à l’Euro et c’est ça la flexibilité d’une monnaie.

Notre monnaie ne doit pas être arrimé uniquement à l’euro. Je ne suis pas d’accord, comme tant d’autres africains de l’Ouest comme du Centre. Il faut que les gens aient le courage de le dire comme l’a dit le président Patrice Talon.

Que pensez-vous de l’Afrique de l’Ouest qui cherche à battre sa propre monnaie dont la mise sur le marché est prévue dès 2020 ?

C’est déjà un grand pas. Mais attention, il ne faut pas que cela soit un simple changement de nom. Un maquillage. Le président Alassane Ouattara a prévenu que le FCFA a encore de l’avenir devant lui. Nous ne voulons pas que le FCFA survive sous l’appellation Eco. Donc il va falloir, retirer nos réserves et arrimer cette monnaie éco à d’autres monnaies de change comme le Yuan chinois, comme l’Euro, le dollar et j’en passe.

 

Qu’elle monnaie souhaitez-vous pour l’actuelle zone franc?

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Mamadou Sacko Otambo souhaite la mise en place d’une monnaie flexible comme toutes les autres monnaies du monde © D.R

Nous souhaitons, comme tout autre africain venant de la zone franc CFA, de la zone UEMOA comme de la zone CEMAC que notre monnaie soit convertible sur la place de Paris, sur la place européenne comme le Yen et le dollar. Qu’elle soit échangée sur la place européenne, en Chine, en Asie, en Europe, en Amérique comme le dollar.  Malheureusement ce n’est pas le cas.  Il est temps de le faire.  Voilà pourquoi il faut qu’elle soit arrimée au dollar, qu’elle soit arrimée au Yen Japonais, au Yuan Chinois et à l’Euro. Voilà ce que nous souhaitons.

Souhaitez-vous donc que l’opérateur économique ressortissant de la zone franc ait la possibilité de trouver les coupures de Francs CFA en France, aux USA et en Asie ?

Exactement monsieur ! Comment vous pouvez expliquer que 15 pays Africains qui ont comme monnaie le franc CFA et dont les devises sont séquestrées se trouvent dans un pays européen comme la France qui est notre premier partenaire et que cette même monnaie ne soit pas échangeable sur la place de Paris ? Mais ça ne s’explique.  Et personne ne dit rien.  Nous ne sommes pas contre la France.  C’est notre premier partenaire, mais il faut que les choses bougent. Les choses ne vont plus demeurer comme dans le passé. C’est vrai nos chefs d’État ont quelques limites dans le dialogue avec la France. C’est une réalité. Il faut cependant un comité ou un syndicat, un syndicat fort comme la société civile pour défendre ces causes.

Il est temps qu’il y ait un syndicat pour ça, une société civile dynamique pour défendre cette cause parce que tous les hommes politiques qui ont essayé de toucher à ce problème-là sont tombés dans l’oubli.  Je citerai le cas Charles Konan Banny l’ancien gouverneur de la BCEAO qui a insisté la question. Il est tombé dans les oubliettes.  Je citerai le cas Il y a quelques années du ministre togolais qui a insisté sur ça et il est tombé dans les oubliettes.Par contre, la société civile peut poser le problème, sans ambigüité. Ça demande une prise de conscience de la réforme qui est tout à fait normale et légale aujourd’hui. Avec la nouvelle donnée, il faut que ça change.  Tout dernièrement le président sénégalais Macky Sall a déclaré lors de la dernière Assemblée générale des Nations-unies que l’Afrique a besoin de partenaires et non de tutelle. Notre génération veut que la France le comprenne maintenant. Elle doit savoir que nous avons évolué.  Les choses ne vont plus rester comme ça, nous voulons qu’elle soit toujours et demeure notre premier partenaire mais il faut que les choses bougent.

Gabonactu.com vous remercie !

Propos recueillis par Sydney Ivembi

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