PUBLICITÉS A LA UNE
PUBLICITÉS A LA UNE
PUBLICITÉS A LA UNE

Le dépôt des recours donne une marge de manœuvre pour négocier (Séraphin Moundounga sur RFI)

Le dépôt des recours donne une marge de manœuvre pour négocier (Séraphin Moundounga sur RFI)

Libreville, Gabon (Gabonactu.com) – C’est une interview exclusive sur RFI, ce mardi 6 septembre : le ministre gabonais de la Justice Séraphin Moundounga, qui a annoncé sa démission, critique le processus électoral et demande un recomptage des bulletins de vote de la présidentielle du 27 août. Lecture

Quel est votre sentiment aujourd’hui sur cette crise au Gabon ?

Séraphin Moundounga : Je redoutais que le Gabon ne puisse basculer dans la violence si les résultats étaient rendus publics sans qu’il ne soit procédé au recomptage des résultats, procès-verbal par procès-verbal de chaque bureau de vote. Ceci n’ayant pas eu lieu, vous avez constaté que le pays a basculé dans la violence, et cette violence qui se poursuit de façon latente jusqu’à ce jour. Donc la paix est gravement menacée dans notre pays, la sécurité est gravement menacée. J’ai fait hier une nouvelle déclaration dans laquelle j’ai indiqué quelles devraient être les modalités d’une négociation politique avec des alternatives. Il a été répondu que le recomptage n’était pas prévu par la loi, ce qui est une toute petite fuite en avant et une volonté manifeste de faire en sorte que nous puissions continuer à faire en sorte que le pays sombre dans une violence la plus absolue. Et en même temps, ayant constaté que du côté du pouvoir, on n’apportait pas de réponse à la préoccupation de la nécessaire garantie de la paix, j’ai pris la décision de prendre congé, d’une part du Parti démocratique gabonais et de me décharger de mes fonctions de membre du gouvernement pour que, grâce à ces deux actes majeurs que je pose, de pouvoir bénéficier de ma totale liberté et d’œuvrer aux côtés du peuple gabonais à ce que la paix soit garantie dans le pays, que la démocratie soit affirmée.

Avec cette démission, est-ce qu’il faut comprendre que vous passez à l’opposition ?

Je ne passe pas dans l’opposition. Je me mets du côté du peuple gabonais.

Le pouvoir affirme qu’on ne peut pas recompter bureau par bureau parce que ce n’est pas prévu par la loi ?

Il y a un principe de loi qui dit clairement que ce qui n’est pas formellement dit, n’est pas interdit. Il est donc possible de faire en sorte que, dans le silence de la loi, on puisse procéder au recomptage des voix, bureau de vote par bureau de vote, procès-verbal par procès-verbal. Ça signifie qu’on peut le faire puisqu’on ne viole aucune disposition de la loi. Et si nous avons gagné au niveau du Parti démocratique gabonais les élections, pourquoi nous n’avons pas accepté qu’on puisse recompter si c’est cela qu’il faut payer pour que la paix puisse régner au niveau du Gabon ? Le refuser, c’est à la limite pousser le peuple vers la révolte. Et ceux qui cassent, ceux qui tuent, ceux qui pillent sont autant coupables et condamnables que ceux qui poussent par l’oppression le peuple à la révolte. Les dirigeants sont plus condamnables parce qu’ils connaissent mieux la loi et ils ont la responsabilité d’assurer la protection des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national. Dès que le recomptage confirme la victoire du Parti démocratique gabonais, l’opposition n’aura plus rien à redire. Si le recomptage infirme le résultat publié, à partir de ce moment il reviendra au Parti démocratique gabonais de tirer les conséquences de la situation. Nous nous organisons pour que dans le futur, le PDG maintenant s’organise en tant que parti installé dans l’opposition à la reconquête d’un pouvoir qu’il n’a pas été capable de conserver en raison d’un ensemble de divisions internes au Parti démocratique gabonais. Et d’ailleurs, j’ai interpelé le chef de l’Etat en lui disant, s’il est établi que les résultats des urnes vous donnent perdant, il faut prendre de la hauteur, prendre votre téléphone, appeler Monsieur Jean Ping, l’en féliciter et faire en sorte que la démocratie et la paix puissent triompher au Gabon.

Est-ce que vous ne craignez pas, avec cette démission, signer la fin, du moins temporaire, de votre carrière politique ?

Ma préoccupation, ce n’est pas ma personne. Ma préoccupation, c’est le peuple. J’invite l’ensemble de toutes les personnes qui me font confiance de prendre fait et cause pour la démocratie et pour la paix au Gabon en quittant le Parti démocratique gabonais, peu importe les carrières politiques ou les carrières professionnelles des uns ou des autres.

Concernant cette attaque du QG, vous êtes un homme de droit. Est-ce que cette attaque vous semble légale ?

Je souhaite simplement que la justice, le moment venu, puisse faire son travail, que ceux qui se sentent lésés par ces attaques puissent saisir la justice. Toute personne, même accusée, est présumée être innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par un jugement devenu définitif.

Maintenant que les résultats ont été annoncés, il y a des recours possibles, notamment auprès de la Cour constitutionnelle. L’opposition accuse cette institution d’être biaisée. Est-ce que vous pensez qu’il faut quand même déposer des recours ?

Il ne faut pas exclure les pistes des solutions. Les recours sont prévus par les lois gabonaises. Si la date butoir expire, nous serions dans une situation où la personne qui a été annoncée élue, sera donc forcément proclamée élue force de recours et immédiatement, il sera procédé à la prestation de serment. Je voudrais simplement dire que si les recours sont déposés, les délais de 15 jours dont dispose la Cour constitutionnelle pour rendre sa décision donne une marge de manœuvre à tous ceux qui pensent que le recomptage était nécessaire pour continuer à négocier et à obtenir que ce recomptage soit fait dans cet intervalle.

Source : rfi.fr

Partagez à votre réseau d'amis
0

À propos de l'auteur

Sur le même sujet

7 Commentaires

  1. boukosso ibrahim

    Mr MOUNDOUNGA,je pense que ce acte est tardive. Pendant 7ans vous vous etez remplis les poches et aujourd’hui vous critique le pouvoir en place. Cela prouve par ce acte que vous etez un opportuniste.Pourquoi pendant 7ans n’avez pas déclarer ce actes.Arrête de vous faire passe pour la bonne personne au yeux du peuple. Si ALI BONGO est aujourd’hui dans cette situation c’est a cause de vous tous. Ou étiez vous lorsque le pouvoir en place prenaient les décisions? Si le pouvoir en place agit mal, c’est la faute de tous opposition et pouvoir en place. Car le président prôné l’ouverture et c’est ce qu’il fait.

    Reply
  2. Stéphanie

    M MOUNDOUNGA, vous n’êtes pas à l’abri du besoin pour avoir bien rempli vos poches grâce à ce parti que vous faites semblant de critiquer aujourd’hui. Votre personnalité n’est que bien dévoilée c’est tout et il fallait s’y attendre à votre démission lorsque nous savons d’où vous venez…. Arrêtez de faire croire au Gabonais que vous avez quitté le navire!!!!! Quand tout allait bien pour vous vous étiez aux affaires et maintenant que vous sentez que l’on démasque vos mascarades vous simulez une démission!!!! NON SENS!!!!
    Que d’ingratitude dans votre voix, dans votre moralité!!!! Commencez d’abord par partagez votre richesse avec la population du Gabon afin de lui montrer votre fameux patriotisme…..

    Reply
  3. Bernardin

    C’est très bien pensé monsieur le ministre. Il faut que nos «Dirigeants» comprennent que les valeurs morales caractérisent la démocratie. Et que l’argent et l’égoïsme sont inférieurs à l’intérêt de tout le peuple gabonais!

    Reply
  4. Embinga

    Quand on quitte un Parti,
    on ne dit plus  »nous » mais  »ils ».
    Donc rectificatif .

    Ensuite, Qui sont les rats et souris qui quittent le navire ?
    D où sort la cybercriminalité et qui envoie qui piller et casser les biens publics et personnels ?

    Si on veut se ranger du côté du peuple il faut être impartial et l être vraiment en partageant une part de sa richesse au peuple qui nous tient tant à coeur.

    Reply
  5. Marie

    Monsieur, de quel Dieu vous parlez ? ces personnes sont mortes pourquoi?
    vous faites beaucoup de mal au peuple gabonais, l’argent à plus de valeur aux dirigeants gabonais que la vie humaine. Quel honte?
    Marie

    Reply
  6. OSSONE

    M. MOUDOUNGA, j’espère que vous allez également faire une conférence de presse pour édifier la population sur les origines de votre richesse. Pardon, je ne fais que passer ooooo………..

    Reply
  7. jean - jacques

    M.MOUDOUNGA, chacun de nous dors avec son oeil, vous avez pris la décision de démissionner c’est bien , mais demander aux autres de quitter le parti qui vous a rendu ce que vous êtes aujourd’hui c’est méchant et sorcier et Dieu vous voit.

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

RSS
Follow by Email
Facebook
Google+
http://www.gabonactu.com/depot-recours-donne-marge-de-manoeuvre-negocier-seraphin-moundounga-rfi">
Twitter