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Contentieux post-électoral : la Cour constitutionnelle a organisé son audience publique en direct à la TV (compte rendu)

Contentieux post-électoral : la Cour constitutionnelle a organisé son audience publique en direct à la TV (compte rendu)

Photo @ archives

Libreville, Gabon (Gabonactu.com) – La Cour constitutionnelle gabonaise a organisé jeudi une audience publique diffusée en direct sur les antennes de la Radio et de la Télévision nationale sur le recours de Jean Ping qui conteste la victoire du président sortant, Ali Bongo Ondimba.

 

L’audience était assez protocolaire. Dès l’entame, Marie Madeleine Mborantsuo, l’emblématique présidente de la Cour a fixé la règle. Les deux parties devaient écouter le rapport du juge rapporteur. Puis les avocats des deux camps avaient 10 minutes pour faire des observations. Ils n’avaient pas le droit d’introduire des éléments nouveaux ni de faire des plaidoiries car la Cour n’est pas une juridiction ordinaire.

 

« Ici la procédure est écrite et vous le savez bien pour être souvent venus ici pour les mêmes raisons », a prévenu Mme Mborantsuo droite dans ses bottes.

 

Les avocats des deux camps sont par contre autorisés d’introduire des petites notes à la Cour ce vendredi au plus tard à 9 heures, selon Mme Mborantsuo.

 

Après ces observations, le juge rapporteur a entamé la lecture du rapport qui égrène les griefs de Jean Ping et les réponses d’Ali Bongo. La lecture a duré plus d’une heure.

 

Jean Ping demandait le recomptage des voix du Haut Ogooué, fief d’Ali Bongo où le taux de participation a été étrangement proche de 100%. Selon Jean Ping, les résultats du Haut Ogooué publiés par le ministre de l’Intérieur sont différents de ceux publiés à Franceville par le gouverneur du Haut Ogooué. Les procès-verbaux (PV) introduits par Jean Ping signalent que rien que dans la ville de Moanda, près de 5 000 électeurs n’ont pas pu voter alors que les PV du ministère de l’Intérieur notent que dans toute la province, 47 électeurs seulement n’ont pas voté.

 

Jean Ping insiste que le recours ne devait porté que sur le recomptage des voix du Haut Ogooué puisque c’est l’objet de son recours.

 

Dans ses réponses, Ali Bongo soutient que la Cour doit examiner les résultats de plusieurs autres localités notamment l’Estuaire où plusieurs PV sont raturés et parfois illisibles. Ali Bongo demande aussi une vérification des résultats d’Omboué où Ping a quasiment obtenu 100% de suffrages idem pour plusieurs localités de la province du  Woleu Ntem au nord du Gabon. L’article 66 de la constitution autorise la Cour à effectuer un tel travail.

 

Les deux camps s’accusent de falsification des procès-verbaux. Ali Bongo l’aurait fait grossièrement dans le Haut Ogooué. Jean Ping est accusé d’avoir recruté un hacker ivoirien pour truquer les PV de tout le pays pour se donner une avance sur son adversaire.

 

Les avocats d’Ali Bongo ont demandé à la Cour de frapper Jean Ping d’une inéligibilité de 5 à 10 ans pour s’être autoproclamé président élu du Gabon. Ceci est une violation grave de la loi. Ils ont aussi accusé Jean Ping d’avoir orchestré des violences avant et après le scrutin du 27 août dernier. C’est pourquoi, selon eux, son recours doit être rejeté.

 

La Cour a procédé à une vérification de tous les procès-verbaux en présence des experts dépêchés par l’Union africaine. Les avocats de Jean Ping ont dénoncé une procédure opaque à laquelle ils n’étaient pas associés alors qu’ils sont les demandeurs principaux de ce recomptage. Ils ont dit avoir appris à la télévision l’arrivée au Gabon des experts de l’Union africaine et leur participation au recomptage des voix.

 

 

Marie Madeleine Mboratsuo a repris la parole pour s’exclamer que « le rapport était très très long ». Elle a annoncé que l’affaire est mise en délibéré pour l’audience de ce vendredi 23 septembre. Mais, attention, a-t-elle précisé « restez à l’écoute. Le greffier de la Cour vous communiquera la date et l’heure exacte de l’audience ».

 

Tous les cadres de l’état major de Jean Ping étaient présents dans la salle. L’on a vu Zacharie Myboto, Casimir Oyé Mba, Guy Nzouba Ndama, Jean de Dieu Moukagni Iwangou, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi… Trois avocats conduits par Jean Remy Bantsasa étaient sur le banc.

 

De son côté, Ali Bongo Ondimba a aligné six avocats travaillant sous la houlette de Francis Nkéa. Faustin Boukoubi, Florentin Moussavou, Christelle Limbourg … ont assisté à la très longue séance qui a duré de  19 heures à 23 heures.

 

Gaston Ella

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